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Jean TARDIF

Anthropologue

La Mondialisation économique et Culturelle

mardi 5 décembre 2006 20h30

Jean Tardif, anthropologue, a enseigné l’anthropologie à Montréal et au Congo. Il a également occupé divers postes au sein de la diplomatie québécoise, dont notamment celui de Délégué Général du Québec à Bruxelles et de Directeur général des politiques


Enregistrements audio de la conférence-débat

Présentation

Conférence

Débat


La mondialisation est perçue comme une menace, sans que l’on ne parvienne à préciser en quoi consiste cette menace. Il s’agit en fait d’une véritable mutation dont l’ampleur, la rapidité et les répercussions n’ont pas de précédent dans l’histoire humaine.

C’est un mouvement de destruction et de création qui oblige toutes les institutions à se redéfinir : institutions politiques, économiques, sociales et culturelles. Parce qu’elle est impulsée par des forces économiques qui ont réussi à s’affranchir des contraintes frontalières, la mondialisation est analysée dans sa dimension économique. Or, le tournant le plus structurant qu’elle entraîne est d’ordre culturel. La mondialisation culturelle nous fait entrer dans un monde qui ne sera plus occidentalo-centré …

La résignation est irresponsable, le retour en arrière impossible. Nous voilà plongés dans un écosystème qui soulève une multitude de questions et de défis : la question fondamentale qui se pose à nous n’est pas tant de définir comment commercer davantage, mais plutôt comment vivre ensemble, à l’échelle planétaire et avec toutes nos différences culturelles.



7/12/2006

Jean Tardif : la culture globalisée

La globalisation se joue également sur le terrain culturel. Auteur récemment de l’ouvrage « Les enjeux de la mondialisation culturelle », l’anthropologue canadien Jean Tardif était mardi soir, à la salle du Chapeau-Rouge, l’invité de la Liberté de l’esprit. Il a répondu aux questions du Télégramme. Vous évoquez une multiplication des échanges culturels à l’échelle planétaire. Mais est-ce un phénomène réellement récent ? Dans le domaine culturel, les idées et la création ont toujours voyagé, bien avant le XVI e siècle. La nouveauté à laquelle on assiste aujourd’hui est d’ordre quantitatif. Par ailleurs, les vecteurs ne sont plus d’ordre étatique. Ce sont les médias qui désormais participent à cette révolution sans précédent. Les acteurs de la mondialisation culturelle sont des entreprises. Cinq majors - américaines, japonaises et européennes - ont imposé les règles du capitalisme à la culture. Pouvez-vous donner un exemple précis ? Prenons le téléphone portable : il véhicule de plus en plus d’informations. On en compte à ce jour deux milliards dans le monde. En 2008, il y en aura trois milliards ! Ce grand trésor est une force que ne contrôlent pas les états et qui crée ce que j’appelle une culture d’émigration, tout particulièrement chez les jeunes. Ils se créent un eldorado virtuel, ils vont y chercher l’info qu’ils veulent et qui les valorise. La France, culturellement, paraît frileuse pour ne pas dire repliée sur elle-même. La défensive ne peut constituer qu’une parade à court terme. Ce n’est pas l’impérialisme culturel qui constitue une menace mais l’absence de ceux qui ne parviennent pas à y jouer un rôle. Il faut en finir avec les incantations propres à la France ! On n’est plus à l’époque d’Alain Peyrefitte ! Il faut cesser de regarder en arrière. Les réponses aux défis de la mondialisation culturelle ne se trouvent pas à l’échelle nationale, dans les couloirs de l’Ena. Et les élites françaises, qui méprisent le peuple, doivent cesser d’interpréter la nouveauté et ce qui vient de l’extérieur comme un danger. L’Europe est une chance pour la France. Dans ce paysage culturel, les Etats-Unis semblent, comme dans d’autres domaines, avoir une bonne longueur d’avance. Les Américains sont les seuls qui ont une vision stratégique de la culture. Ils ont compris que la culture est un système symbolique qui vise à créer le lien social. Quelle est votre analyse sur la toute nouvelle chaîne d’information internationale France 24 ? France 24, c’est CNN 20 ans plus tard ! Je ne suis pas contre France 24 mais est-ce qu’elle répond aux enjeux d’aujourd’hui ? La France doit créer un modèle alternatif illustrant les richesses de sa diversité. A cette condition, elle peut répondre aux défis de la mondialisation culturelle.



Biographie
Anthropologue, Jean Tardif a enseigné l’anthropologie à Montréal et au Congo. Il a également occupé divers postes au sein de la diplomatie québécoise, dont notamment celui de Délégué Général du Québec à Bruxelles et de Directeur général des politiques.
Depuis 1999, il est Délégué Général de l’Association internationale PlanetAgora qui a pour objectif de susciter des débats publics sur les enjeux extranationaux.
En cette fin 2006, il a publié, en collaboration avec Joëlle Farchy, professeur des sciences de l’information et de la communication à Paris 1 et membre du Centre d’économie de la Sorbonne, "les enjeux de la mondialisation culturelle". L’ouvrage situe les enjeux géoculturels à pied d’égalité avec les enjeux géopolitiques et géoéconomiques.

Publications
Les enjeux de la mondialisation culturelle" (en collaboration avec Joëlle FARCHY, économiste), édition Hors Texte




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