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Gilles JOHANET

fonctionnaire, spécialiste des secteurs de la santé, de tendance libérale.

Comptes et mécomptes de la Sécu

mardi 10 juin 1997 20h30

Jusqu’à la fin des années 90, M. Gilles Johanet a défendu un numerus clausus bas qui a eu des conséquences sur la diminution drastique du nombre de médecins formés et sur la question des déserts médicaux en France au début du XXIe siècle1 En 2002, il démissionne de son poste de directeur de la CNAMTS, face au refus de Martine Aubry d’accepter son plan stratégique pour la Sécurité sociale, comprenant, notamment, le conventionnement sélectif des médecins en fonction des besoins géographiques.




Le Télégramme de Brest 12 juin 1997

Gilles Johanet : la « Sécu » dans tous ses états

Comme l’a très justement fait remarquer le président de l’association « La liberté de l’esprit », qui accueillait mardi soir, au Chapeau Rouge, Gilles Johanet, ancien directeur de la caisse nationale d’assurance maladie et actuel secrétaire général de la cour des comptes : après un passionnant diagnostic de notre « Sécu », le public s’est senti bien plus informé et surtout à même de comprendre le déficit chronique. Mais comment ne pas se sentir accablé devant le bilan des « comptes et mécomptes de la Sécurité sociale ». Irrationnel Le grand problème de la Sécurité sociale : une croissance de recettes insuffisante et une croissance des dépenses excessive. « Alors, trop de dépenses ? Pas assez de recettes ? Un débat franco-français, en fait c’est les deux, mon capitaine », explique - chiffres à l’appui - Gilles Johanet. La France a un système de développement économique incompatible avec son système de Sécurité sociale, à savoir des gains de productivité mais pas de création d’emploi. « Notre système est fou », dira Gilles Johanet. « On ne peut en rien le comparer aux régimes allemand, anglais, à celui des Pays-Bas ». Folie et irrationalité seront des mots qui reviendront souvent dans son exposé. Il donne aussi des exemples de cette folie française : - Le niveau de dépenses (consultations, médicaments) par habitant, premier rang mondial ; - Le taux de remboursement, le plus bas d’Europe ; - Le taux de rendement, médiocre avec une dégradation rapide du système français, « il y a 15 ans la France était à égalité avec les autres pays d’Europe ». Sept péchés capitaux Gilles Johannet parle alors des « 7 péchés capitaux » qui réduisent notre système de protection sociale en peau de chagrin. L’ignorance d’abord, « nous ne savons pas où va la consommation médicale ». Il n’y a pas de coordination des soins, le Français est libre de consulter, en nombre illimité. Dans les autres pays, il existe un médecin de référence pour un patient afin d’éviter les excès et d’assurer la cohérence des soins. Autre « péché », la gestion éclatée. « Personne ne rend de compte à personne, l’antithèse de la démocratie ». Egalement un système « absurde qui ne répond ni à un objectif économique, ni à un objectif médical ». Plan Juppé Le plan Juppé ? « Pour la première fois, on réfléchit au système, on analyse. Il a eu aussi le mérite de casser le tabou, non, notre système n’est pas le meilleur du monde et personne ne nous l’envie ! ». « Un plan qui a deux immenses richesses, il tue l’ancien système, restaurant enfin le pouvoir du Parlement, il pose une unité de gestion et permet une réforme de fond. Mais il est insuffisant ! ». L’avenir ! Alors l’avenir ? « La Sécu a un atout unique », affirme Gilles Johanet, « le trou ». Il oblige les pouvoirs publics à faire quelque chose ! Et plus on attend, plus ce sera douloureux », explique-t-il encore. « Soit l’Etat prend le pouvoir et c’est l’étatisation, soit on choisi un système d’assurance avec libre choix ou non de l’assureur ». Avec cette brillante conférence de Gilles Johanet, la Liberté de l’esprit fêtait la 55e conférence de l’association depuis ses huit ans d’existence. Le public assistait, mardi soir, à la 55e conférence proposée par la « Liberté de l’esprit ». Gilles Johanet, ancien directeur de la caisse nationale d’assurance maladie et actuel secrétaire général de la cour des comptes.



Ouest-France

Johanet : " Il faut réformer la sécu "

Gilles Johanet, ancien directeur de la caisse nationale d’assurance maladie, est bien placé pour parler de la crise de la sécurité sociale. C’est ce qu’il a fait sans complaisance mercredi soir devant deux cents personnes.

Gilles Johanet, ancien directeur de la CNAM et actuel secrétaire général de la cour des comptes, n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Le tableau qu’il dresse de la situation actuelle de la sécu est sans complaisance.

Au niveau de l’endettement, le RDS prévoit un remboursement des dettes sur quinze ans. " C’est nouveau. On a accepté le principe que nos enfants seront appelés à payer les prestations d’aujourd’hui. Comment vont-ils faire ? Personne ne le sait ".

Pour ce qui est du financement, 85% des recettes de la sécu viennent des revenus d’activité. " Le système de financement est incompatible avec le mode français de développement économique qui ne crée pas d’emploi et distribue fort peu de pouvoir d’achat, mais assure des gains de productivité. La CGS est juste car elle touche également le capital mais pas rentable car elle ne le touche pas suffisamment ".

Gilles Johanet, on le comprend, ne croit pas à la supériorité du système français de la sécurité sociale. " Notre système est fou, absurde et coûteux. Le taux de rendement de la sécu pour un assuré est aujourd’hui très médiocre. Alors que nous sommes le pays où la cotisation maladie est la plus élevée, nous sommes seulement au 18è rang mondial en terme de taux de remboursement. Les politiques disent qu’il faut dé-rembourser. Pourquoi ? On est déjà très mal remboursé en comparaison de ce que l’on paie. "

La France souffre de problèmes spécifiques : nous ne savons pas comment est dépensé l’argent consacré aux soins (absence de codage), il n’y a pas de coordination des soins (le malade fait librement le tour de l’univers des soins sans médecin de référence), les offreurs de soins sont trop facilement conventionnés, la prise en charge des médicaments est irrationnelle (les médicaments homéopatiques sont mieux remboursés que les appareils dentaires), la gestion de la sécu est éclaté (entre l’État, les caisses et les professions de santé), la politique de santé publique est inexistante ...

Malgré toutes les prévisions optimistes en terme de réduction de déficit formulées par Alain Juppé en 1995 lors de l’annonce de sa réforme, le décalage entre des prévisions et la réalité n’a jamais été aussi important. " Faut-il en conclure à l’échec du plan Juppé ? C’est vite dit. "

Pour Gilles Johanet, le plan Juppé est le premier véritable plan de réforme depuis 1945. Il a plusieurs mérites. Il casse les tabous (" notre système n’est pas le meilleur ") et il entame des réformes nécessaires (il rétablit la compétence du parlement, affirme l’unité de la gestion, réforme l’accès aux soins et ne dé-rembourse pas). Mais il est insuffisant. Il n’y a pas de logique d’ensemble, il ne restructure pas l’excédent massif d’offres de soins et il est dommage que le pouvoir des caisses soit supprimé au profit de l’État sans débat.

" Concernant l’avenir de la sécurité sociale, j’entrevois deux scénarios possibles. Soit l’État impose la réforme, soit il admet que chaque Français puisse avoir le libre choix de son assureur. ", conclut Gilles Johanet.



Biographie

Gilles Johanet, né le 22 mai 1950 à Paris, est un haut fonctionnaire français, spécialiste des secteurs de la santé, de tendance libérale.

Après des études à l’IEP puis à l’ENA, il entre à la Cour des Comptes en 1977. Il est directeur de cabinet de Georgina Dufoix au secrétariat d’État à la Famille dans le gouvernement socialiste, en 1981-1983. Il est ensuite chargé de mission pour les questions de santé, maladie et retraite auprès de Pierre Mauroy, en 1983-84. Il est nommé à la tête de la CNAMTS en 1989-1993 et de juillet 1998 à février 2002. Entre ces deux postes, il est président du Centre de sécurité sociale des travailleurs migrants, secrétaire général de la Cour des comptes et directeur du régime social des marins. En 2002, démissionne de son poste de Directeur de la CNAMTS, face au refus de Martine Aubry d’accepter son plan stratégique pour la Sécurité Sociale, comprenant, notamment, le conventionnement sélectif des médecins en fonction des besoins géographiques.

Tout comme d’autres personnes ayant eu des responsabilités dans le système de soins solidaire (Jean de Kersvadoué, Claude Evin), il recommande la mise en concurrence du secteur de la santé [1], annonçant même en 1999 l’effondrement du système de Sécurité sociale français dans les trois ans[2].

Il occupe également le poste de conseiller maître à la Cour des Comptes.

Directeur général adjoint jusqu’en 2006, à la tête de la branche santé et assurances collectives des AGF (septembre 2003), il propose en avril 2006 une réduction de la cotisation à l’assurance santé maison contre des preuves d’achat du yaourt Danacol™ de Danone, et une complémentaire santé dite Excellence santé à 12 000 € par an et par personne, donnant accès aux meilleurs médecins de France. Un réseau de 200 médecins, dont Pierre Godeau (président de l’Institut Servier), est déjà constitué[3]. Les soins plus lourds (comme la chirurgie) restant à la charge de la Sécurité sociale. Face au tollé général, le projet ne verra jamais le jour.


Voir en ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gille...






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