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Patrick VIVERET

philosophe et essayiste altermondialiste.

Civiliser la mondialisation

jeudi 22 janvier 1998 20h30


Patrick Viveret, directeur de la revue « Transversales, science et culture », traitera le sujet : « Civiliser la mondialisation ». Depuis quelque temps, le terme de « Mondialisation » (ou globalisation) fait partie du langage courant. Mais que recouvre-t-il exactement ? Ce phénomène, dont on voit les effets manifestes sur le plan économique, obéit à la loi implacable du marché. Dès lors, n’est-il pas utopique de vouloir « civiliser » ou humaniser cette mondialisation ?




Le Télégramme de Brest 26 janvier 1998

Liberté de l’esprit : Patrick Viveret philosophe sur la mondialisation

Au fil des conférences, l’association « La liberté de l’esprit » prouve que ce qui à l’origine semblait être « un pari un peu fou », ne l’était finalement pas tant que cela.

Chaque conférence déplace les foules, parfois jusqu’à 800 personnes. Jacques Le Goff, Jean-Yves Boudéhen et les 300 membres que compte aujourd’hui l’association, ont toutes les raisons de croire fermement que la philosophie, librement accessible à tous, a de beaux jours devant elle.

Jeudi soir au Chapeau-Rouge, il était question de philosophie politique avec Patrick Vivaret, sur le thème riche et complexe de « Civiliser la mondialisation ». Une conférence suivie par près de 300 personnes d’âges et d’horizons très différents. « Ce terme de mondialisation, ou encore de globalisation, est de plus en plus utilisé dans le langage courant, mais que recouvre-t-il exactement ? ».

C’est sur cette question que Patrick Vivaret a articulé son intervention. Un chassé-croisé incessant de pensées sur l’aspect individuel et collectif. Civiliser la mondialisation incluant de prendre en compte un certain nombre de paramètres, la révolution de l’information, les grandes mutations du travail, de l’intelligence. Une mondialisation qui ne peut se faire sans trois conditions : la liberté, la stratégie mondiale, la sécurité affective et sociale.

Un vaste champ de réflexions pour les amateurs de philo politique. Lesquels étaient ravis, et se sont largement exprimés lors de la pose entre la conférence. Au fil des commentaires qui allaient bon train, l’impression générale était reflétée par cette simple phrase d’une auditrice. « C’est un pur bonheur de l’écouter... ».



Ouest-France

On peut faire bouder le curseur de l’humanité dans le bon sens Viveret pour une mondialisation civilisée

La mondialisation, étape d’une logique de l’histoire ou mythe commode pour les gouvernants ? Cauchemar ou possibilité d’avènement d’un des plus vieux rêves de l’humanité ? Jeudi soir au Chapeau Rouge, avec deux cent cinquante personnes réunies pour une conférence de la Liberté de l’Esprit, le politiste Patrick Viveret s’est frotté ajux nouveaux problèmes posés à l’Humanité en cette fin du XXè siècle.

" Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie et la panique ", lance Patrick Viveret, citant un journal américain. Le rédacteur en chef de la revue " Transversales " appelle, lui, à la reconstitution d’espaces d’équilibre et de sérénité afin d’humaniser la mondialisation des économies et des capitaux. " Nous sommes actuellement dans un environnement pathogène. Les bourses mondiales fonctionnent avec des mécanismes émotionnels de dépression. Notre monde en est encore à une étape infantile, sauvage et inhumaine, où dominent la finance et la technique ".

Nouvelle citoyenneté

A la recherche des moyens qui permettent à l’humanité de civiliser la mondialisation, Patrick Viveret n’hésite pas à convoquer les valeur du sens et l’amour, valeurs défendues déjà dans l’Histoire par Bouddha Jésus ou Gandhi. " Nous avons encore d’immense progrès à faire dans la qualité émotionnelle et affective. " Il imagine une démocratie bâtie sur un socle de spiritualité, entendue ici au sens large. Une démocratie fondée aussi sur la liberté intellectuelle, un programme de développement économique pour tous, et une sécurité " sociétale ". A l’opposé de la course à la richesse et à la puissance, valeurs qui dominent actuellement le monde des échanges à l’échelle planétaire.

La vraie question est d’arriver à savoir comment faire progresser les humains pour arriver à ce qu’ils fassent la paix entre eux. En effet, l’humanité est actuellement confrontée à un problème inédit. Elle s’est toujours retournée vers l’étranger, vers l’extérieur, pour, en faisant la guerre, exorciser ses propres démons.

Dans le temps planétaire, qui peut être l’ " étranger " de l’humanité ? Plus personne. Il va donc falloir que l’Homme apprenne à traiter avec sa barbarie intérieure. Ce que les philosophies de la sagesse ont appris depuis longtemps à une toute petite partie de l’humanité, il falloir l’étendre à l’humanité tout entière. Rude défi. Pour cela, Viveret en appelle à une " mondialité " qui puisse promouvoir une nouvelle forme de citoyenneté.

Réguler l’économie

" Mais comment arriver à promouvoir ces valeurs positives face à des phénomènes qui nous paraissent étranges ou incompréhensibles ? ", interroge une femme dans la salle durant le débat qui a suivi la conférence. Pour Viveret, rien n’est fatal. Les hommes ont plus de moyens d’intervention qu’ils ne le pensent. " C’est un paradoxe, la spéculation mondiale "(150 milliards de dollar en déplacement chaque jour aux quatre coins de la planète) fonctionne en grande partie avec de l’argent " social " (fonds de pension de futurs retraités, mutuelles et assurances). Les populations pourraient très bien aller demander des comptes sur la gestion de cet argent. Pourquoi ne pas taxer les mouvement de capitaux ? Et pourquoi ne pas créer une sorte de Conseil de sécurité économique au niveau mondial ? Un organisme qui organiserait une régulation de l’économie. Ce sont les chiffres qui doivent s’adapter au humains et non les humains qui doivent se réadapter aux chiffres ".

Pour le philosophe politique, les rêveurs ne sont pas ceux qu’on pense. Les vrais réalistes sont ceux qui songent d’abord à faire bouger le curseur de la civilisation dans un sens positif. La mondialisation n’est pas un cauchemar en soi. Il faut en promouvoir une vision et une stratégie positive. Il est permis d’espérer.



Biographie

Patrick Viveret, né en 1948, est conseiller référendaire à la Cour des comptes, philosophe[1],[2] et essayiste altermondialiste.

Patrick Viveret est titulaire d’une licence et du Capes de philosophie et d’un doctorat de l’Institut d’études politiques de Paris. Chargé sous le gouvernement Jospin par le secrétaire d’Etat à l’économie solidaire d’une mission visant à redéfinir les indicateurs de richesse, il est l’auteur du rapport Reconsidérer la Richesse (ed de l’Aube) et de livres comme Pourquoi ça ne va pas plus mal ? (Fayard) dans lequel il établit la distinction entre « coopérateurs ludiques » et « guerriers puritains »[3]. Animateur de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) dans le cadre du mouvement du christianisme social des années soixante, il rejoindra le PSU après 1968, puis le Parti socialiste et sera le rédacteur en chef des revues Faire puis Intervention qui s’inscrivent dans la tradition d’un socialisme démocratique et autogestionnaire. Chargé par Michel Rocard d’une mission sur l’évaluation des politiques publiques en France il est nommé conseiller référendaire à la Cour des comptes en 1990. Il fut également rédacteur en chef de la revue Transversales Science Culture entre 1992 et 1996 puis directeur du Centre international Pierre Mendès France (CIPMF). Actif dans les mouvements altermondialistes, il a participé en 2001 à Porto Alegre au premier Forum social mondial et collabore régulièrement au journal Le Monde diplomatique.

Parallèlement à ces activités, il est chargé par Guy Hascoët (secrétaire d’Etat à l’Économie solidaire du gouvernement Jospin), de diriger la mission "Nouveaux facteurs de richesse" (2001-2004), qui accouchera d’un rapport. Un livre destiné à un plus grand public en sera extrait : Reconsidérer la richesse.

Il est aussi à l’origine du Projet SOL, un système de monnaie complémentaire, dont trois expérimentations (au Nord-Pas-de-Calais, en Île-de-France et en Bretagne) ont été mises à jour en mars 2006. Patrick Viveret est le co-fondateur des rencontres internationales « Dialogues en Humanité »[4]. Il est également animateur de l’association L’observatoire de la décision publique.

Ses domaines d’intérêt sont la philosophie politique, l’économie, la comptabilité et les mouvements associatifs.

En septembre 2008, il participe au forum de Grenoble, « Un nouveau monde ! Mondialisation, Environnement, Europe »[5]. Il y évoque en particulier un thème récurrent chez lui[6] : de nouvelles formes de rapport au pouvoir[7].






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