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Yves MICHAUD

philosophe et critique d’art

L’art contemporain, crise et malentendu

jeudi 15 avril 1999 20h30


Le conférencier Yves Michaud est professeur de philosophie à l’Université de Paris I (Sorbonne) et directeur de programme au Collège international de philosophie. Directeur de l’Ecole nationale des Beaux-Arts (de 1989 à 1995), il a publié une quinzaine de livres, dont « La crise de l’art contemporain, utopie, démocratie et comédie » (97 PUF). Domaine fondamental de la culture, l’art n’est pas épargné par « la crise du sens », qui continue à affecter ce siècle et millénaire finissants. Le beau idéal est-il un vestige du passé ? Les métamorphoses de l’art au 20e siècle n’ont-elles par profondément ébranlé les notions d’oeuvre d’art et de sens d’une oeuvre ?




Le Télégramme de Brest 17 avril 1999

La Liberté de l’esprit : l’art contemporain à un tournant

Yves Michaud, professeur de philosophie à Paris I, critique d’art et ancien directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, a présenté jeudi soir, au Chapeau-Rouge, une très brillante conférence sur la situation de l’art contemporain au tournant du siècle qui s’achève. Un constat plutôt pessimiste. L’art contemporain, né dans les années 60, a fait l’objet en France de violentes contreverses au début de l’actuelle décennie. A-t-il une valeur ? Les premières interrogations ont paradoxalement vu le jour dans la presse de gauche. « Un numéro hors série de Télérama (en 92) a fait sa ’’une’’ sur « Le grand bazar », assimilant l’art contemporain à un art triste », a indiqué Yves Michaud. La revue Esprit et l’Evénement du Jeudi ont poursuivi dans le même ordre d’idées, rejointes... par une publication de la Nouvelle Droite (Crisis). Supercherie et herméticité La critique très féroce (« L’art contemporain, un non-art ») a reposé sur deux piliers : l’une soulignant la supercherie de la démarche, « N’importe qui pourrait en faire autant » ; l’autre blâmant l’herméticité de la démarche, « On se moque de la compréhension du spectateur ». « Cette polémique a correspondu au passage d’un monde moderne à un monde post-moderne », a rajouté le philosophe. « Jusqu’au début des années 70, ont subsisté des références en matière d’art plastique : l’école de Paris, puis New York. La mondialisation a tout fait voler en éclats ». Dans ce magma artistique, se sont engouffrés les derniers mouvements radicaux tels que le minimalisme. « Tous remettaient en cause la notion sacrée d’Avant-Garde ». La France 20 ans après Les critiques n’ont pas tardé en Amérique, en Angleterre, comme en Allemagne. A droite et à gauche. Et Michaud de rappeler les réflexion de Harold Rosenberg, un sociologue marxiste américain, « l’artiste est devenu trop grand pour l’art ». Nous sommes alors en 1972. Curieusement, la France reste à l’écart de la polémique. Yves Michaud croit tenir une explication. « L’Hexagone baignait dans l’euphorie du projet du centre Pompidou. Elle a été en quelque sorte immunisée ». 20 ans plus tard, la polémique l’a à son tour submergée. A une époque où « le Grand-Art a eu des difficultés de se faire entendre ». Celui-ci s’est progressivement délimité dans ses oeuvres collectives selon une logique de production industrielle. « A chacun ses préférences, selon le groupe social auquel on appartient », a souligné Michaud. « L’art sous toutes ses formes (musique, cinéma, etc) est passé dans le monde de la consommation. Le recueillement et la contemplation n’étaient plus nécessaires ». Des intellectuels divisés Les intellectuels tiennent aujourd’hui deux positions : l’une nostalgique (Luc Ferry, notamment), l’autre désabusée, qui rétorque que « tout est nul ». Yves Michaud fait preuve de plus d’ouverture et constate que ces deux attitudes sont les faces d’une même pièce. Il avoue néanmoins être pessimiste quant à l’avenir. En France tout du moins. « Dans notre pays, les artistes sont trop protégés. Le système, verrouillé par une bureaucratie, ne les incite pas à prendre des risques. Plus grave, leur rapport à l’international est nul ».



Ouest-France

L’art contemporain à un tournant

Yves Michaud, professeur de philosophie à Paris I, critique d’art et ancien directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, a présenté jeudi soir, au Chapeau-Rouge, une très brillante conférence sur la situation de l’art contemporain au tournant du siècle qui s’achève. Un constat plutôt pessimiste.

L’art contemporain, né dans les années 60, a fait l’objet en France de violentes contreverses au début de l’actuelle décennie. A-t-il une valeur ? Les premières interrogations ont paradoxalement vu le jour dans la presse de gauche. " Un numéro hors série de Télérama (en 92) a fait sa " une " sur " Le grand bazar ", assimilant l’art contemporain à un art triste ", a indiqué Yves Michaud. La revue Esprit et l’Événement du Jeudi ont poursuivi dans le même ordre d’idées, rejointes … par une publication de la Nouvelle Droite (Crisis).

Supercherie et herméticité

La critique très féroce (" L’art contemporain, un non-art ") a reposé sur deux piliers : l’une soulignant la supercherie de la démarche, " N’importe qui pourrait en faire autant " ; l’autre blâmant l’herméticité de la démarche, " On se moque de la compréhension du spectateur ".

" Cette polémique a correspondu au passage d’un monde moderne à un monde post-moderne ", a rajouté le philosophe. " Jusqu’au début des années 70, ont subsisté des réflexes en matière d’art plastique : l’école de Paris, puis de New-York. La mondialisation a tout fait voler en éclat. "

Dans ce magma artistique, se sont engouffrés les derniers mouvements radicaux tels que le minimalisme. " Tous remettaient en cause la notion sacrée d’Avant-Garde ".


La France 20 ans après

Les critiques n’ont pas tardé en Amérique, en Angleterre, comme en Allemagne. A droite et à gauche. Et Michaud de rappeler les réflexion de Harold Rosenberg, un sociologue marxiste américain, " l’artiste est devenu trop grand pour l’art ".

Nous sommes alors en 1972. Curieusement, la France reste à l’écart de la polémique. Yves Michaud croit tenir une explication. " L’Hexagone baignait dans l’euphorie du projet du centre Pompidou. Elle a été en quelque sorte immunisée ".

20 ans plus tard, la polémique l’a à son tour submergée. A une époque où " le Grand Art a eu des difficultés de se faire entendre ". Celui-ci s’est progressivement délimité dans ses œuvres collectives selon une logique de production industrielle. " A chacun ses préférences, selon le groupe social auquel on appartient ", a souligné Michaud. " L’art sous toutes ses formes (musique, cinéma, etc …) est passé dans le monde de la consommation. Le recueillement et la contemplation n’étaient plus nécessaires ".

Des intellectuels divisés

Les intellectuels tiennent aujourd’hui deux positions : l’une nostalgique (Luc Ferry, notamment), l’autre désabusée, qui rétorque que " tout est nul ". Yves Michaud fait preuve de plus d’ouverture et constate que ces deux attitudes sont les faces d’une même pièce.

Il avoue néanmoins être pessimiste quant à l’avenir. En France tout au moins. " Dans notre pays, les artistes sont trop protégés. Le système, vérouillé par une bureaucratie, ne les incite pas à prendre des risques. Plus grave, leur rapport à l’international est nul ".



Biographie Yves Michaud, né le 11 juillet 1944, est un philosophe français.

Il est reçu à l’École normale supérieure en 1964 puis à l’agrégation de philosophie en 1968. Il passe son doctorat en lettres et sciences humaines sur Empirisme, analyse et philosophie chez David Hume. Il devient successivement professeur à Berkeley, à Édimbourg, à Rouen, à Sao Paulo, puis à Paris depuis 1991. Directeur de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de 1989 à 1997.

Il est le rédacteur en chef des Cahiers du Musée national d’art moderne du centre Georges-Pompidou de 1986 à 1990. Il est le concepteur et l’organisateur de l’université de tous les savoirs depuis 1998.

Ses domaines de prédilection sont l’esthétique (en particulier l’art contemporain) et la philosophie politique.

Yves Michaud est également l’un des intervenants permanents de l’émission L’Esprit public diffusée chaque dimanche matin sur France Culture, présentée par Philippe Meyer, en compagnie de Max Gallo et de Jean-Louis Bourlanges. Il y présente un point de vue iconoclaste et libéral. Il a signé l’appel des intellectuels appelant à voter pour Ségolène Royal




Messages

  • Salut Yves :

    Ici Armand Mirallès. Si je pose le livre du parcours classique, traditionel , fragile et éphémère au sol et si je lève la tête je constate que je me dois plus que jamais de suivre la véritable instruction traçée il y a quelques temps en arrière dans la lumineuse Université Paul Valéry de Montpellier d’autant que je suis né en cette prestigieuse et très belle cité-
    Conclusion : il me semble donc nécessaire de poursuivre mon addiction formelle aux concepts diffusés en ces temps acceptés par nous tous. "Car la coutume et la religion ne sont pas les mêmes pour tous" -Spinoza : Ethique-
    Mon très cher "Maître" tu dois savoir que tu peux compter sur Socrate, Platon et le coq d’Esculape, sur le Bleu Yves Klein et les Nouveaux-Réalistes, et sur tout ce qui se rattache de près ou de loin à un certain état qui fait avec la matière sans en être la SUBSTANCE---Armand Mirallès. Paris.Le Marais.Le 9/01/2013. A 3h40.



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