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Philippe FRÉMEAUX

directeur de la rédaction d’Alternatives économiques.

L’Europe et la mondialisation

jeudi 7 octobre 1999 20h30

Philippe Frémeaux est journaliste économique et éditorialiste au magazine économique Alternatives économiques et administrateur de la société coopérative éditrice du titre. Il collabore également à France Info et à France Culture.


9 octobre 1999

Conférence La Liberté de l’esprit : la mondialisation passée au crible

« Europe et mondialisation » étaient au programme, jeudi soir, de la première conférence de la saison 1999-2000 de « La Liberté de l’esprit ». L’occasion pour Philippe Frémeaux, maître de conférences à Sciences Po Paris, et PDG de la revue « Alternatives économiques », de tordre le cou à quelques idées reçues. La France serait-elle paranoïaque ? Sur la question de la mondialisation, la réponse de Philippe Frémeaux est formelle : « Comme souvent quand il va mal, notre pays cherche des boucs émissaires. Attention à ne pas se tromper de cible ! ». Le ton est donné d’entrée : pas question de diaboliser la sacro-sainte mondialisation ! Néanmoins, en vertueux social-démocrate, Frémeaux prend immédiatement garde d’éviter les écueils néo-libéraux. Aussi lance-t-il, non sans adhésion sincère, un plaidoyer pour « une mondialisation civilisée, au service des hommes ». Dans sa démonstration, l’économiste estime que le monde ne va pas de mal en pis (« effondrement du totalitarisme communiste », « industrialisation de l’Asie »...), même s’il consent - en évoquant à la cantonade le Rwanda et Sebrenica - à en reconnaître les imperfections. Faut-il, pour autant, associer l’économie mondialisée à l’horreur économique et politique ? Philippe Frémeaux s’y refuse, car, dit-il, « elle correspond à une logique capitalistique de conquête de nouveaux marchés à l’échelle internationale ». Et l’universitaire, au passage, de tordre le cou à une idée reçue, alimentant « à droite comme à gauche, un fort courant national-républicain ». « La mondialisation est avant tout une affaire entre pays du Nord. Et dans la bataille que se livrent les Etats pour accueillir les investissements étrangers, la France se tire plutôt bien de la bataille planétaire ».

L’exception Nike

L’Hexagone se classe ainsi troisième pays d’accueil pour les investissements mondiaux. Avec des emplois à la clef. Les délocalisations vers le Sud constituent-elles donc l’exception ? « Oui, répond Frémeaux. Nike - qui fabrique ses produits à très bas prix en Indonésie - est un cas limité, aussi médiatisé soit-il. Les investisseurs recherchent avant tout des environnements sûrs, aussi bien politiquement que dans les domaines scientifiques et techniques ». Et l’économiste d’évoquer l’implantation de Toyota à Valenciennes. « La ville a été choisi en fonction de sa situation géographique, au coeur d’un espace de 50 millions d’habitants dans un rayon de 200 km, mais aussi - et c’est l’un des atouts français - en raison du coût de la main-d’oeuvre ». Dans la lutte que se livrent villes et Etats pour accueillir les investisseurs, la tentation du dumping social (et... fiscal) prend de l’importance. « Dans la négociation, les pouvoirs publics ont toutefois leur mot à dire », estime Frémeaux. « Le rapport de force a certes penché du côté des marchés, mais les Etats ne demeurent pas impuissants. Et ne doivent pas le demeurer ! ».



Philippe Frémaux refuse le pessimisme de rigueur

Mondialisation, le mot qui fait peur

La Liberté de l "Esprit a choisi d’ouvrir sa saison de conférences par un dossier économique. Le sujet (L’Europe et la mondialisation) a pu sembler austère. Il est vrai que les mécanismes financiers incitent rarement à la fantaisie.

La mondialisation fait peur. Philippe Frémeaux, directeur de la revue Alternatives économiques, s’est attaché à tempérer ces inquiétudes jeudi soir dans le cadre des conférences Liberté de l’esprit. Le prof de Sciences Po ne peint pas la réalité en rose. Mais il rappelle avec bon sens que l’Europe peut tirer son épingle du jeu. " On n’est pas totalement pieds et poings liés face aux mouvements de la mondialisation. "

Exemples ? Quand Toyota vient à Valenciennes, ce n’est pas seulement parce que la France fait tout pour favoriser l’implantation du constructeur japonais.

" Pas le moins attractif "

" Valenciennes, de par son tissus industriel et sa situation géographique, offre toutes les ressources que recherche un fabriquant de voitures. " Disney près de Paris, c’est pareil. " La concurrence avec Barcelone était factice. Il était évident que Disney voulait profiter de la locomotive Paris. " Philippe Frémaux rassure aussi lorsqu’il assure que les pays en voie de développement n’attirent pas systématiquement les grandes industries. " C’est vrai à l’extrême pour certains fabriquants de chaussures de sport … Mais en général, l’investisseur recherche la compétences, la stabilité, la sécurité, une main d’œuvre de qualité ". Conclusion qui s’impose : " Notre pays n’est pas le moins attractif du monde ".

Les mécanismes monétaires sont l’un des moteurs de la mondialisation. Philippe Frémaux a pris la peine de faire profiter le public de ses connaissances. " je vais essayer d’être clair. J’en vois dans l’assistance qui ne sont pas économistes ! " a-t-il prévenu. Bien vu !

Il faut reconnaître que pendant cette partie de la conférence, une partie de la salle a semblé s’engourdir.

Le conférencier a refusé de prédire l’avenir, notant simplement que les interrogations sur le système monétaire européen ne sont pas définitivement gommées.

Biographie

Après des études de sciences économiques, de droit public et de science politique, Philippe Frémeaux mène parallèlement une carrière d’enseignant en sciences économiques et sociales à l’université, de consultant et de journaliste, notamment auprès du journal Le Monde. Il rejoint le BIPE (Bureau d’informations et de prévisions économiques) dont il est nommé directeur d’études en 1988. Il y dirige de nombreuses missions d’études et de conseil pour le compte du ministère de l’Industrie, de la Commission Européenne et pour de nombreuses entreprises.

Philippe Frémeaux collabore dès 1981 à la rédaction d’Alternatives économiques, mensuel économique dont il assure la rédaction en chef à partir de 1988. Depuis le 1er septembre 1999, il exerce également les fonctions de Président-Directeur général d’Alternatives Economiques, qui édite également la revue L’Economie Politique et la lettre d’information mensuelle La lettre de l’insertion par l’activité économique.






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