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Martine BARTHÉLÉMY

directrice de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, membre du Centre d’études de la vie politique française (CEVIPOF),

Associations, un nouvel âge de la participation
Centenaire de la loi de 1901 sur les associations

jeudi 20 septembre 2001 20h30


Martine Barthélémy axe, pour l’essentiel, ses travaux sur la pratique associative dans notre pays, le militantisme associatif, le bénévolat, la participation des citoyens à la vie sociale dans le cadre des associations. Son récent ouvrage, « Associations : un nouvel âge de la participation ? », paru aux Presses de Sciences Po au printemps 2000, fait le bilan de plusieurs années de réflexions et d’enquêtes empiriques sur le sujet. A l’inverse des organisations partisanes et syndicales, les associations bénéficient d’une reconnaissance croissante depuis un quart de siècle. Sont-elles devenues le fer de lance de la démocratie ? Si oui, comment s’établit la rencontre entre la légitimité républicaine du suffrage universel et la légitimité « participative » des associations ? Quelles évolutions sont intervenues, depuis la loi de 1901, dans les relations entre la puissance publique et les associations ? Pourquoi se dire bénévole plutôt que militant ? Les traditions politiques et les clivages idéologiques isolent-ils des catégories d’acteurs et d’associations ?




24 septembre 2001

Un siècle d’associations : où sont les idéaux de 1901 ?

l’invitation de la Liberté de l’esprit, la sociologue Martine Barthélémy est venue faire le point, samedi à la salle du Chapeau-Rouge, sur l’évolution de la vie associative en France depuis la loi de 1901. Un constat s’impose : d’une liberté politique, l’association a de plus en plus tendance à se transformer en expédiant socio-commercial.

Il y a tout juste un siècle, la loi du 1 e r juillet 1901 inscrivait la liberté d’association dans notre pays. Une conquête figurant parmi les grands acquis de la République. « Elle consacre une liberté et réalise un compromis entre les principes de 1789 et des courants idéologiques divers », explique d’emblée Martine Barthélémy. Une liberté qui a mis du temps à s’imposer. « L’Etat pensait, en effet, être seul porteur de l’intérêt général. Il entretenait une forme de suspicion à l’égard des associations et autres clubs suspectés de canaliser l’action du peuple ». Particularité française, la loi de 1901 situe clairement le champ associatif « hors du marché ». « Sa capacité d’activité économique est donc réduite », précise Martine Barthélémy.


Le boom des années 70

La première vague d’associations est celle des « bonnes oeuvres », les bals de charité et les sociétés de bienfaisance, profitant d’abord et surtout aux oeuvres catholiques. La deuxième vague, celle du Front populaire, profite, pour l’essentiel, à la classe ouvrière, au monde enseignant et leurs représentations syndicales. A partir de 1945, association rime avec modernisation et rajeunissement. « Dès les années 60, et plus encore dans les années 70, c’est l’explosion », souligne la sociologue. Résultat : les assos poussent comme des champignons - « de 20.000 chaque année dans la décennie 1960 à 60.000 aujourd’hui » -, tout en se diversifiant. « De polyvalentes, les associations deviennent de plus en plus spécialisées : comités de quartiers, défense des droits de l’homme, protection de l’environnement... », précise Martine Barhélémy. Une vitalité qui puise notamment ses racines dans l’augmentation du niveau d’étude de la population. Mais aussi dans une crise de confiance à l’égard de l’Etat. Pourtant, les liens entre le tissu associatif et les pouvoirs publics subsistent plus que jamais. Non sans une certaine ambiguïté. Et Martine Barthélémy de mettre en garde contre les associations para-administratives et autres faux nez du secteur public. Les assos, instrumentalisées par le pouvoir politique ?

Consommateur ou militant ?

Plus loin, la sociologue s’inquiète de la « marchandisation affectant le tissu associatif ». Ici, « le consommateur tend à l’emporter sur l’adhérent et le militant ». Un repli sur soi, une fermeture des groupes sur eux-mêmes qui l’inquiète. « Nous sommes, ici, bien éloignés de la construction d’un bien-être et d’un intérêt communs ». Promouvoir la citoyenneté par le vecteur associatif ne semble pas une réponse satisfaisante, d’autant plus que celui-ci est frappé par un « faible renouvellement de ses dirigeants et un relâchement de la démocratie interne ». En conclusion, « les associations ne peuvent pas tout faire ». Révélateur privilégié de l’état de santé d’une démocratie, le tissu associatif doit rester « modeste » dans ses ambitions et ne peut en aucun cas se substituer au système représentatif.

* Gilles Carrière






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