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Didier SICARD

professeur de médecine, interne à l’hôpital Cochin et président du comité national consultatif d’éthique.

Penser la médecine au XXIè siècle

jeudi 7 mars 2002 20h30


Jamais les Français ne se sont si bien portés. Aujourd’hui, nous vivons plus longtemps qu’il y a 10 ans, la mortalité infantile a diminué fortement, les progrès techniques et chimiques foudroyants ont transformé les pratiques médicales. Comment se fait-il alors que nous soyons les plus gros consommateurs de psychotropes révélant des peurs existentielles ? Comment retrouver l’écoute de la plainte qui se tapit derrière la plupart des pathologies ? Comment passer à une médecine qui prend en compte l’être humain dans sa dimension non seulement biologique mais aussi psychologique et sociale ? Didier Sicard sera là pour répondre à toutes ces questions




Didier Sicard : « Non à la médicalisation de la société »

Invité jeudi soir de La Liberté de l’esprit, le docteur Didier Sicard, président du Comité national d’éthique, a porté un jugement sévère sur la médecine en France. Consommation délirante de médicaments, angoisse croissante du patient : médecins comme malades participent, estime le scientifique, à une véritable « folie collective ».

Les Français auraient-ils perdu tous sens des réalités face à la médecine ? Dans la course effrénée au « bonheur croissant », le Dr Didier Sicard n’hésite pas à l’affirmer. « Jamais la médecine n’a été autant assiégée qu’aujourd’hui. Malgré cette médicalisation croissante de la société, l’angoisse continue d’augmenter chez le patient ». Dénonçant avec des mots simples le « recouvrement au monde par la médecine », Didier Sicard évoque sans ambages une forme de « folie collective ». « Le patient transfère sa plainte existentielle sur la médecine. Le corps a totalement disparu, on transfère son moi sur une image, une radiographie, y compris pour des faits banals (petit mal de tête, torticolis...), d’où la multiplication d’examens totalement inutiles ».

« Une consommation démente »

Avec franchise et un certain courage, Didier Sicard en appelle à la raison collective. « Je ne veux pas détruire ce qui fait mon métier, souligne-t-il. Il faut toutefois en finir avec cette situation dramatique qui fait perdre à chacun d’entre nous tous sens du discernement. Cette volonté d’aller au plus vite à l’examen aboutit à une consommation de médicaments démente. L’angoisse d’être sans cesse face à une menace, l’exigence sécuritaire est telle que l’argent ne compte plus. Résultat : notre médecine est de plus en plus coûteuse ! ». Pire, cette « médicalisation à outrance » s’avère inégalitaire. « Quand le corps se dégrade, la médecine se retire », constate avec inquiétude le professeur Sicard. « A l’aube du troisième millénaire, il y a une médecine ultra-sophistiquée pour les bien-portants et une médecine de pauvres pour les personnes âgées ».

* Gilles Carrière



Biographie

Né en 1938, est un médecin français et ancien président du Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008. Il est professeur de médecine à l’université Paris Descartes et a été chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin, à Paris.

En mars 1999, sur nomination du Président Jacques Chirac, il devient président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour les sciences de la vie et de la santé, succédant à Jean-Pierre Changeux. Aux côtés de Anne Fagot-Largeault, de René Frydman, il a notamment participé à la Table-ronde Les problèmes de la naissance : questions de limites, question de droits faisant partie de la série de débats Éthique à l’ENS organisée par Monique Canto-Sperber.

Il aborde les nouveaux champs de réflexions en termes d’éthique médicale, notamment sur les technologies de la procréation, qui voient leur complexité s’accroître à mesure des avancées dans ce domaine. Il souligne en outre le manque de formation des médecins pour répondre à des questions éthiques de plus en plus nombreuses, et dénonce l’écart qui existe en France entre l’éthique et la pratique.

D’après Pierre-André Taguieff, la réflexion bioéthique de ce protestant serait pour l’essentiel en ligne avec la théologie morale catholique[1].

Le 19 février 2008, Alain Grimfeld devient le nouveau président du CNNE, et Didier Sicard le président d’honneur.

Ouvrages

- 1996 Infection à VIH : Savoir et comprendre : connaissance de l’infection à VIH pour la personne séropositive, ses amis, sa famille
- 1996 L’Approche clinique
- 1997 Dialogue spécialistes, généralistes (avec Hélène Bouchez)
- 1999 Hippocrate et le scanner : Réflexion sur la médecine contemporaine (avec Gérard Haddad)
- 2002 La Médecine sans le corps : une nouvelle réflexion éthique
- 2003 Travaux du Comité consultatif national d’éthique
- 2004 Santé et Société au Laos (1973-1978) : le Système de Santé Lao et ses possibilités de développement
- 2004 Le Devoir de non-abandon : Pour une éthique hospitalière et du soin (avec Emmanuel Hirsch)
- 2006 L’Alibi éthique




Messages

  • Remerciements au Professeur Didier SICARD pour ses actions en faveur du bon sens, de la défense des personnes en fin de "leur" vie, et en faveur de leur interrogation personnelle, possible à changements et rechangements, et pour la préservation donc des lois antérieures très largement suffisantes. Il est en effet important de ne pas favoriser par toute nouvelle loi, toute dérive qui pourrait arriver plus tard.

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    • Bonjour,

      J’ai accompagné ma fille en soins palliatifs à Paris
      J’aimerai apporter mon témoignage sur cet enfer que nous avons vécu
      afin que plus personne ne vivent ce que nous avons vécu
      car pour moi nous avons été abandonnées par les médecins
      nous n’avons pas été soutenues par la psychologue du service
      Ayant demandé le dossier médical , je me suis rendue compte
      que le souhait de ma fille de rentrer chez elle n’a pas été respecter et ne m’a pas été communiquer , l’émission à laquelle vous avez participé sur les soins palliatifs m’a aussi
      confortée de me battre pour changer les choses mais , je ne sais pas comment m’y prendre
      qui je dois rencontrer pour étudier le dossier médical afin que je puisse trouver un peu de sérénité car beaucoup de questions m’obsèdent et je me demande comment j’ai pu accepter cette situation .
      Je vous remercie de votre attention

      Cordialement

      Jocelyne Bigotte



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