La Liberté de l'esprit La liberté de l'esprit
Association créée en 1989
Contribuer au débat citoyen sur les questions de société
Conférences et débats en Cornouaille
  Qui sommes-nous ?  |  Prochaines conférences  |  Saisons précédentes  |  Les conférenciers  |  Contact

Accueil > International > Dominique MOÏSI

Dominique MOÏSI

Conseiller spécial à l’Institut Français des Relations internationales (I.F.R.I.)

Les nouveaux rapports de force internationaux

mardi 12 octobre 2004 20h30

Dominique Moïsi, politologue et géopoliticien français. est conseiller spécial de l’IFRI (Institut français de relations internationales), après en avoir été le directeur adjoint. Il a enseigné à l’université Harvard et au Collège d’Europe.


Enregistrements audio de la conférence-débat

Présentation

Conférence

Débat


GIF - 15.8 ko

14 octobre 2004

Un monde plus dangereux que la guerre froide

Dominique Moïsi était l’invité, mardi soir, à la salle du Chapeau-Rouge, de la Liberté de l’esprit sur le thème « Les nouveaux rapports internationaux ». Conseiller spécial à l’Institut français des relations internationales (Ifri) ; titulaire de la chaire de géopolitique européenne au Collège d’Europe à Natolin (Varsovie), il a répondu aux questions du Télégramme.

Peut-on réellement parler en 2004 d’hyperpuissance américaine ? Oui, il y a l’Amérique et les autres. Un signe ne trompe pas : l’élection présidentielle américaine est traitée comme si elle était décisive pour l’ensemble du monde. L’Amérique est centrale, plus centrale que jamais, même si elle est, à un certain degré, victime des limites de sa puissance. On le voit sur le terrain actuellement en Irak. La Chine n’est-elle pas en mesure de devenir le deuxième « grand » dans les décennies qui viennent ? Certainement. Démographiquement, il se crée chaque année en Chine l’équivalent d’une nouvelle Corée. En d’autres termes, 50 millions de Chinois accèdent chaque année à la classe moyenne. C’est tout à fait spectaculaire ! Les Chinois ont gagné 20 ans depuis les attentats du 11 septembre. Aux yeux des Occidentaux, Pékin n’apparaît plus depuis cette date comme une menace mais comme un espoir. Néanmoins, une question demeure : comment intégrer la Chine comme un acteur de bonne volonté dans le concert international ? Il faut savoir, en effet, lui résister. La Chine, ne l’oublions pas, se perçoit comme l’Empire du milieu. Elle est très fière et porte très fortement un dessein impérial. Elle sait, depuis la fin des années 1970, que l’avenir est devant elle. Si la Chine avance, le monde arabo-musulman stagne. Voire recule ! La malédiction du pétrole a donné aux pays arabes une mentalité de rentiers. Le pétrole les a endormis plutôt que stimulés. La corruption a fait le reste. Le conflit israélo-palestinien sert, en outre, d’alibi aux dirigeants arabes qui lancent à leurs peuples qu’ils ne peuvent faire de réformes en raison de la guerre contre Israël. A cela, il faut rajouter un phénomène de nature religieux et culturel. La mondialisation réussit à tout le monde sauf au monde arabo-musulman. Cela crée des frustrations énormes sur lesquelles surfent les islamistes. Curieux islamistes, à la fois très réactionnaires et « modernes »... Les islamistes ont, en effet, une réaction archaïque face à la modernité mais utilisent les outils de la mondialisation, les nouvelles communications notamment, pour agir. Les démocraties semblent, à l’heure actuelle, totalement désarmées face aux actes terroristes... Nous sommes tous sur le même bateau ; la crise des otages le rappelle cruellement. Personne n’est, en conséquence, à l’abri d’un acte terroriste. La sanctuarisassions des territoires ne fonctionne pas. Quelles sont les armes des démocraties face à la barbarie ? Le comportement citoyen solidaire, le renseignement. La force des démocraties est de rester fidèle à ses principes, même en cas de crise. Le monde actuel est-il plus sûr qu’à l’époque de l’affrontement Etats-Unis-URSS ? On vit dans un monde plus dangereux car plus compliqué. Il ne faut pas dire que la guerre froide n’était pas dangereuse. Elle l’était. Mais à l’époque, le péril n’était pas au même niveau qu’aujourd’hui. Du temps de l’affrontement Est-Ouest, deux rationalités occidentales, le communisme et le capitalisme, se faisaient face. On est entré depuis dans un tout autre type de conflit, beaucoup moins lisible.


Voir en ligne : Dominique Moïsi dans Wikipédia






Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La liberté de l'esprit, c/o Maison des associations, 53, impasse de l'Odet, 29000 QUIMPER
SPIP | | Suivre la vie du site RSS 2.0