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Andreï GRATCHEV

ancien porte parole du Pdt Gorbatchev

La Russie et l’Europe

dimanche 11 septembre 2005 20h30

Andreï Serafimovitch Gratchev, auteur, politicologue, spécialiste des relations internationales et ancien porte-parole du président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev.


Enregistrements audio de la conférence-débat

Présentation

Conférence

Débat


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La frontière entre l’Europe et l’Asie passe à l’intérieur de la Russie : la Russie a eu, dans son histoire, soit la tentation du rapprochement avec l’Europe, soit celle de vouloir la dominer. Gorbatchev a incarné le choix de l’ouverture de la Russie vers l’Europe. Poutine suit sa trace : il a travaillé pour le KGB en RDA et parle couramment l’allemand ; il connaît la culture et la mentalité européennes ; il n’a aucune ambition dominatrice à l’égard de l’Europe.

La Russie, fait-elle partie de l’Europe ? Au moment où l’Europe elle-même se pose la question de ses frontières politiques, cherche à définir les limites de son élargissement, hésite devant la perspective de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne cette question et plus que justifiée.

Si l’on devait y répondre en se basant uniquement sur les données géographiques, les considérations historiques ou culturelles, la réponse serait évidente : Oui, sans aucun doute. Et ceci malgré la parenthèse soviétique dans son histoire qui s’est refermée avec l’effondrement du régime bolchévique grâce à la Pérestroïka initiée par Mikhail Gorbatchev il y a juste 20 ans.

La construction de la Maison Commune de l’Europe faisait partie du projet de Gorbatchev qui y a apporté sa contribution majeure non seulement en rendant possible la chute du Mur de Berlin et l’unification de l’Allemagne et de l’Ouest et de l’Est européens mais aussi en déclenchant la reforme démocratique profonde au sein de la société et de l’état soviétiques.

Or depuis l’effondrement de ce dernier, les relations de la Russie postsoviétique – d’abord celle de Eltzine et maintenant celle de Poutine - avec l’Europe restent marquées par des ambiguités et des nouvelles interrogations. Elles concernent autant le sens de l’évolution politique du régime actuel et de l’ensemble de la société russe comme les ambitions stratégiques de Moscou qui conditionnent son comportement sur la scène internationale.

Après tout, une question majeure, pour la situation intérieure et la politique extérieure de la Russie, reste ouverte, à savoir : EST-CE QUE CE PAYS SE RAPPROCHE DE L’EUROPE OU EST-CE QU’IL S’EN ÉLOIGNE ?



13 octobre 2005

« L’Europe et la Russie : des intérêts communs »

La Russie et l’Europe forment-elles un couple harmonieux ? Invité mardi soir à la salle du Chapeau-Rouge de la Liberté de l’esprit, le spécialiste des relations internationales et ancien conseiller de Michael Gorbatchev, Andrei Gratchev a évoqué devant 100 personnes environ, cette question de géopolitique. Interview.Quelle est la nature des relations entre l’Union européenne et la Russie de Vladimir Poutine ? L’attitude des Européens vis-à-vis de la Russie divise autant que sa position vis-à-vis des Etats-Unis. Les pays baltes comme les Polonais ont un regard méfiant à l’égard de l’ancien empire soviétique et craignent que leurs partenaires de l’Union européenne adoptent une politique munichoise envers Moscou. D’autres comme la France et l’Allemagne sont, au contraire, favorables à une politique de coopération renforcée reprenant ainsi la vieille idée de « Maison commune » défendue en leur temps par Mitterrand et Gorbatchev. Lorsque Poutine a signé, très récemment, un contrat avec l’Allemagne de Schröder portant sur la construction d’un gazoduc reliant les deux pays, certains journalistes baltes sont allés jusqu’à comparer cet accord au pacte de non-agression entre Hitler et Staline en 1939 ! Quel regard Poutine jette-t-il sur le vieux continent ? Poutine découvre l’Europe lorsqu’il est officier du KGB dans l’ancienne RDA, à une époque où l’Europe suscitait les convoitises à la fois des Soviétiques et des Américains. Ceci n’en fait pas pour autant un nostalgique de la Guerre froide. Son action vis-à-vis de l’Europe s’inscrit dans le cadre d’une realpolitik de coopération-partenariat. Poutine rejette la politique unilatérale de l’Amérique de Bush et bénéficie à ce titre d’appuis dans certaines chancelleries européennes. Le régime politique de la Russie est-il à proprement parler européen compte tenu des atteintes répétées aux droits de l’homme dans le pays ? Poutine est le pur produit d’une opinion russe qui à soif d’ordre. Son régime est autoritaire parce que cela est réclamé par la société. L’opinion craint la désintégration de la Russie, Etat immense et multinational. Dans sa longue histoire, le pays a maintenu sa cohésion aussi bien par la bureaucratie - tsariste puis communiste - que par l’armée et la répression. Il faut désormais passer à une autre logique, moderne et démocratique. Poutine représente une phase de transition qui va s’étaler sur plusieurs générations. La Russie de 2005 est très contrastée : elle présente les aspects d’une société moderne européenne (technologie avancée, niveau d’éducation élevé) tout en étant frappée par des fléaux des pays du Tiers-monde. L’espérance de vie des hommes ne dépasse pas les 60 ans en raison d’une surmortalité causée par les accidents du travail et de la route, l’alcoolisme et l’usage de drogues. Ce taux de mortalité balaie en partie cette génération active. La Russie perd aujourd’hui un million d’habitants par an !

Né en juillet 1941 à Moscou, Andrei Gratchev a été, en 1990-1991, conseiller du président de l’URSS Michaïl Gorbatchev, dont il publie la biographie (« Le mystère Gorbatchev. La terre et le destin », éditions du Rocher) dix ans plus tard. Diplômé de l’Institut des relations internationales de Moscou, docteur en sciences historiques, Andrei Gratchev débute sa carrière professionnelle dans les années 1960 en tant que journaliste à Moscou et Budapest. Dans la foulée de la dislocation du bloc communiste, il enseigne à Paris et Oxford et prête sa plume à des publications aussi diverses que « Le Figaro », « La Repubblica » ou bien encore « El Mundo ». Ecrivain prolixe, Gratchev publie dès 1975 des ouvrages historiques remarqués parmi lesquels « L’histoire vraie de la fin de l’URSS » (1992), « La chute du Kremlin. L’Empire du non-sens » (1994), « L’exception russe. Staline est-il mort ? » (1997).


Voir en ligne : Andreï Gratchev dans Wikipédia






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