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Ignacio RAMONET

Directeur de la rédaction du "Monde diplomatique"

La Nouvelle Amérique latine et la géopolitique mondiale

jeudi 16 novembre 2006 20h30


Enregistrements audio de la conférence-débat

Présentation

Conférence

Débat


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"Les récentes élections, fort disputées, au Pérou, au Mexique, au Brésil et en Equateur ainsi que celles à venir au Nicaragua et au Vénézuela ramènent l’intérêt international vers l’Amérique latine. Que se passe-t-il actuellement sur ce continent ? Comment expliquer que, dans tant de pays, les forces de gauche soient-elles arrivées, démocratiquement, au pouvoir ? Dans quelle mesure les grandes réformes en cours au Vénézuela ou en Bolivie intéressent-elles l’ensemble des citoyens latino-américains ? Le "modèle cubain" et ses réussites sociales en matière d’éducation, de santé et de sport exercent-ils encore un attrait chez les laissés-pour-compte latino-américains ? Occupés pour l’instant au Proche et au Moyen Orient ainsi qu’en Asie du Nord-est, les états-Unis peuvent-ils se désintéresser de cette région, considérée naguère comme leur "arrière cour" ? Voilà quelques unes des nombreuses questions que chacun se pose aujourd’hui sur l’Amérique latine et auxquelles nous tenteront d’apporter des réponses documentées. "



18/11/2006
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I. Ramonet : une Amérique latine en mouvement

Le politologue, journaliste et universitaire Ignacio Ramonet était l’invité, jeudi soir, de la Liberté de l’esprit. Spécialiste de l’Amérique latine, il a évoqué la nouvelle donne régionale marquée notamment par une poussée notable des partis de gauche. Entretien. Un vent nouveau souffle depuis peu dans bon nombre de pays latino-américains, à travers des expériences sociales-démocrates. Comment expliquer cette vague rose ? Pendant très longtemps, les Etats-Unis ont empêché ce type de formations politiques de s’établir, ce qui n’est plus le cas. En outre, les Sud-Américains se tournent aujourd’hui vers la gauche après un long cycle désastreux de guérillas, dont aucune n’avait réussi à conquérir le pouvoir à l’exception des Sandinistes au Nicaragua en 1979. La gauche latino-américaine profite, par ailleurs, du rejet du néo-libéralisme dont elle a été le laboratoire dès les années 1970-1980, tout d’abord au Chili. Cette politique dite de thérapie de choc conduite également en Bolivie, au Pérou, au Venezuela comme en Argentine, n’a pas bénéficié aux populations. En Argentine, Carlos Menem a même réussi à liquider les classes moyennes ! La gauche latino-américaine se caractérise par une modération qui jusqu’ici n’était pas inscrite dans sa tradition. Oui, sachez que dans le Venezuela de Hugo Chavez, il n’y a pas eu une seule nationalisation ! En Amérique latine, un discours révolutionnaire consiste à dire que tous les enfants puissent se rendre à l’école. C’est la rhétorique, en gros, des Républicains dans la France de la III e République. Au Brésil, Lula a compris qu’il fallait d’abord créer de la richesse avant de la distribuer. Tous les pays latino-américains connaissent aujourd’hui une forte croissance économique, mais tout le monde n’en bénéficie pas pour autant. Tout l’enjeu est que la société puisse bénéficier de ces richesses. L’autre défi est celui de la ségrégation raciale, très forte dans la région. On a trop souvent le sentiment en Europe que les Sud-Américains vivent dans l’harmonie. Les populations indigènes sont toujours marginalisées. Lorsque l’Amérique latine est devenue indépendante au XIX e siècle, les mouvements de libération ont été conduits par des colons blancs. C’est un peu comme si l’indépendance de l’Algérie avait été conduite par les pieds-noirs à la fois contre la France et les populations musulmanes. La violence politique est malgré tout toujours présente, ici ou là, tout particulièrement en Colombie. La Colombie compte 40.000 morts violentes chaque année, dans l’indifférence générale. Deux États s’y affrontent, l’un officiel, qui contrôle les grandes villes, l’autre dirigeant une grande partie du territoire. Cette situation risque de durer. Le président Uribe n’est pas prêt de négocier, il veut vaincre à tout prix militairement la guérilla des Farc. Celle-ci ne peut être battue car elle connaît parfaitement le terrain. La logique de la victoire militaire ou rien ne peut pas l’emporter.


Voir en ligne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignaci...






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