La Liberté de l'esprit La liberté de l'esprit
Association créée en 1989
Contribuer au débat citoyen sur les questions de société
Conférences et débats en Cornouaille
  Qui sommes-nous ?  |  Conférences à venir  -  précédentes  |  Les conférenciers·cières  |  Contact - adhésion

Accueil > Société > Gilles Huteau

Gilles Huteau

amphi hotel Mercure, av de la gare Quimper

Protection sociale au 21ème siècle

vendredi 23 novembre 2018 19h00

8€ - 6€ pour les adhérents - gratuit pour les étudiants et chômeurs

Gilles HUTEAU est professeur en politiques de protection sociale à l’École des hautes études en santé publique (EHESP). Il a participé à l’ouvrage "Politiques sociales et de santé". Ce manuel est la synthèse de référence sur les politiques actuelles couvrant le champ sanitaire et social. S’intéressant aux interventions des pouvoirs publics et aux acteurs jouant un rôle dans la mise en œuvre des politiques publiques, il permet au lecteur de disposer d’outils utiles à l’intervention professionnelle.


La protection sociale recouvre l’ensemble des dispositifs d’accompagnement permettant à chaque individu de faire face aux conséquences d’un risque (maladie, chômage, accident du travail...) ou d’un besoin social au cours de sa vie (famille, maternité, vieillesse...). Elle dépend des dynamiques sociales (natalité/vieillissement...) et de la situation économique (emploi…).

Quelle réforme d’accompagnement des évolutions sociales, politiques et institutionnelles ?

Agnès BUZYN a annoncé le retour à l’équilibre du budget de la Sécurité Sociale pour la première fois depuis 18 ans, grâce à 5,7 milliards d’euros d économies réalisées principalement par la branche de l’Assurance Maladie. Les réformes en cours et à venir sont nombreuses et touchent tous les secteurs : maladie, vieillesse, retraite, emploi, famille, pour la protection de tous les citoyens.

Quels impacts pour la Protection Sociale ?

Les retraites s’acheminent vers un système universel en 2019, impactant les capacités contributives des nouveaux salariés. Par ailleurs, les réformes de solidarité en faveur des plus vulnérables dans leur parcours de vie sont mises en œuvre par le financement des engagements du gouvernement en faveur des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées. Enfin, l’allocation sociale unique (ASU) et la petite enfance au coeur du plan pauvreté (8 milliards d’euros) posent les questions de la réduction des inégalités, et de la simplification des dispositifs d’aide et de prévention sociales.

Quels sont les nouveaux enjeux et perspectives pour la Protection Sociale dans le contexte de l’évolution des formes d’emploi flexibles et de l’entrepreunariat, du soutien au travail, tout en gardant l’ambition de maîtriser la dépense publique.





Messages

  • Dans l’ouvrage "Les Politiques sociales" de Mr Gilles Huteau écrit en collaboration avec Me Yvette Rose Rayssiguier nous prenons connaissance de l’évolution de la politique sociale,des étapes historiques du développement de la protection sociale,du début de la Sécurité Sociale,de son succès pendant les trente glorieuses de 1945 à 1974,de ses difficultés financières pendant les quarante-quatre piteuses de 1975 à aujourd’hui 2018 . J’ajouterai quelques commentaires personnels qui plaident en faveur du maintien de la Santé Publique en France .

    En 1950 la part de la protection sociale dans la richesse nationale représente 10% du PIB,aujourd’hui 30% . Les prestations sociales constituent à elles seules 30% du revenu final des ménages .Au cours du 19ème siècle débutent des interventions sociales de l’état . Le cancer libéral exploite honteusement les ouvriers et les enfants à partir de 8 ans . Le législateur à l’époque loin d’être un militant social essaie quand même de concilier le modèle capitaliste libéral et de l’autre les intérêts de la collectivité nationale. Il s’agit d’ assurer la nécessaire cohésion des citoyens et le maintien de la paix sociale .

    A partir de la deuxième moitié du 19ème siècle apparaît la mutualité liée à l’histoire du mouvement ouvrier .
    Le 9 avril 1898 création de l’assurance accident du travail . Le 30 avril 1930 loi sur les assurances sociales,le 11 mars 1932 loi sur la généralisation de la compensation des charges de famille .

    La Sécurité Sociale constitua l’institution emblématique de l’Etat Providence . Elle fut une émanation du Conseil National de la Résistance . Ses représentants après avoir eux-même risqué leurs vies pour leurs convictions patriotiques voulaient prioriser la Santé Publique en France . Elle s’est développée au temps des trente glorieuses ( 1945-1974 ) à la faveur d’un progrès économique maintenant le plein emploi assurant le versement des cotisations .

    Le tournant libéral de 1983 avec l’ouverture des marchés commença à créer du chômage qui continua sans cesse à augmenter . La solidarité nationale nous obligea à assurer aux chômeurs qui ne pouvaient plus payer de cotisations de leur maintenir les garanties sociales de santé . Le déséquilibre entre les recettes et les dépenses engendra des déficits de plus en plus importants au fur et à mesure que le chômage augmentait .

    L’accumulation des déficits annuels des régimes de sécurité sociale,c’est à dire la dette sociale depuis sa création,atteint désormais 130 milliards euros au 31/12/2017 sachant que la masse des de prestations versées chaque année avoisine désormais 500 milliards euros .Si cette dette sociale est égale à 26% des prestations versées,le total des prestations versées a un effet multiplicateur distributif sur tous les professionnels de santé,les structures et infrastructures des cabinets médicaux,des établissements hospitaliers . Ainsi grâce à la Sécurité Sociale les patients peuvent se soigner mais ils font travailler les médecins,les pharmaciens,les infirmiers,les
    aides-soignants,les kinésithérapeutes,les établissements hospitaliers,les entreprises de Bâtiments Travaux Publics pour créer les infrastructures hospitalières . Ces différents agents économiques par leur travail encaissent des revenus sur lesquels sont perçus des impôts directs et indirects,diverses taxes . Ces mêmes agents économiques dépensent pour satisfaire leurs besoins en biens périssables et en biens durables . Donc la Sécurité Sociale protège la santé et constitue un important facteur d’impulsion pour de multiples secteurs d’activité .

  • Selon l’ouvrage "Politiques Sociales et de Santé" de Me Yvette Rose Rayssiguier et de Mr Gilles Huteau,les déficits de la Sécurité Sociale diminuent .
    Le déficit en 2017 a été de 4,2 milliards euros au lieu de 13 milliards en 2014 et 17,5 milliards en 2012 . Une politique de gestion rigoureuse a été mise en oeuvre pour faire des économies . Ainsi des déremboursements de plus en plus nombreux ont été effectués sur des médicaments . Les complémentaires de mutuelles ont été obligés de prendre le relais . Par voie de conséquence elles ont augmenté leurs cotisations . Beaucoup de médicaments sont considérés comme peu efficaces par la SS et ont été écartés de tout remboursement .

    Tous les hôpitaux publics ont vu leur enveloppe financière subir une importante diminution reconduite pour les années 2018 et 2019 . Les effectifs des personnels hospitaliers ont subi d’importantes réductions . On recrute moins d’infirmiers,moins d’aides-soignantes . Les services d’urgence sont débordés . Malgré tous les efforts des acteurs hospitaliers la qualité de service est difficile à maintenir . On développe le service ambulatoire pour limiter les frais d’hospitalisation . Le pouvoir politique pratique chaque année de nouveaux tours de vis d’austérité .

    Comme le déclare Mr Emmanuel Todd en France et dans la plupart des pays de l’hémisphère nord la pyramide des âges s’est inversée . L’espérance de vie a augmenté . Il y a de plus en plus de retraités âgés qui suivent un traitement médical et des séjours en hôpital ou clinique . Cette situation démographique entraîne de plus grandes dépenses .

    Pour remédier à ces problèmes qui ont commencé à apparaître dans les années 1970,Mr Michel Rocard premier ministre en 1991 a crée la CSG basée à la fois sur les revenus du travail et du capital . En 1996 la CRDS ou contribution au remboursement de la dette sociale affecte tous les placements financiers hormis les produits d’épargne exonérés .

    A contrario des dispositifs d’exonération des cotisations patronales de SS sont mis en place en particulier l’exonération sur les bas salaires . Depuis la loi du 17/01/2003 la réduction des cotisations patronales est dégressive en fonction de la rémunération ;le niveau de réduction s’annulant pour les salaires égaux à 1,6 fois le SMIC . Il s’ensuit bien sûr une diminution de la part des cotisations qui passe de 90% à 54,1% dans le régime général de 1987 à 2010 et une augmentation de la part d’impôts et taxes affectés qui passe de 2% à 30% de 1987 à 2010 .

    Plus globalement le taux de prélèvements obligatoires avoisine 45% du PIB,ce qui représente un pourcentage plus élevé que la moyenne constatée dans l’Union Européenne .De plus en plus on assiste à un recours à la prévoyance individuelle par exemple la souscription d’un contrat mutualiste .

    La désindustrialisation de la France,la concurrence déloyale des pays étrangers qui nous envient pourtant notre modèle social,l’évasion fiscale des capitaux placés dans des paradis fiscaux,l’effet Matthieu de l’économie politique monétariste des pays occidentaux imités par le reste du monde ont déclenché la paupérisation des masses . La France compte aujourd’hui 6 millions de chômeurs victimes du turbo-capitalisme financier entraînant une barbarisation économique et technicienne .



Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La liberté de l'esprit, c/o Maison des associations, 53, impasse de l'Odet, 29000 QUIMPER
SPIP | | Suivre la vie du site RSS 2.0