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Cécile Vaissié

professeur en études russes et soviétiques

Où va la Russie de Poutine ?

vendredi 16 octobre 2015 20h00

 

Cécile Vaissié est professeur en études russes et soviétiques à l’Université Rennes 2. Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), elle est auteur de nombreux ouvrages dans ce domaine. Son dernier livre, « Les Ingénieurs des âmes en chef. Littérature et politique en URSS », est paru chez Belin.


Reconstitution de l’empire russe, annexion de territoires (Crimée), culte de la personnalité, refus d’une opposition démocratique, la Russie de Poutine inquiète autant qu’elle fascine. Comment voir clair dans la stratégie d’un homme et l’histoire d’un pays comme la Russie, un pays incontournable dans l’équilibre géopolitique du monde ?

Sur l’échiquier géopolitique international, la Russie et son président Vladimir Poutine s’imposent comme des interlocuteurs incontournables, mais difficiles à saisir.

Alors qu’une guerre « hybride » est en cours en Ukraine et que des sanctions occidentales suscitent des « contre-sanctions » russes, il importe de mieux connaître ce qui se passe en Russie depuis la chute de l’empire soviétique.

Avec Cécile Vaissié, nous chercherons à mieux comprendre la Russie et les intentions de son président, Vladimir Poutine :

  • Que se passe-t-il à l’intérieur même de la Russie (économie, vie sociale et politique…) ?
  • Quelles sont ses ambitions et ses projets ?
  • Quel est le poids de l’histoire (depuis Staline…), des religions, des nationalismes ?
  • Quelles sont les intentions du pouvoir russe en Ukraine et ailleurs, notamment dans le monde arabe (à travers son soutien à l’Iran et à la Syrie)
  • Que savons-nous de sa vie politique intérieure et notamment les questions de démocratie et d’expression de l’opposition ?

Voir et revoir :
28 minutes a été diffusé sur Arte le lundi 2 mars 2015, 20H05. La Russie bascule-t-elle dans la dictature ? Débat avec le philosophe Michel Eltchaninoff, le professeur en études russes Cécile Vaissié, et le rédacteur en chef Monde à Valeurs Actuelles Frédéric Pons. http://www.emissionreplay.fr/arte/28-minutes/2-mars-2015-243629

Colloque du mardi 17 janvier 2012, "La Russie nouvelle, 20 ans après l’effondrement de l’URSS ", "La décennie Eltsine : Âge d’or de la démocratie ou nouveau Temps des troubles ?" par Cécile Vaissié


Cécile Vaissié par SINGER-POLIGNAC




Messages

  • Le Télégramme jeudi 15 octobre 2015 / Propos recueillis par Gilles Carrière /

    Liberté de l’esprit. Cécile Vaissié interroge sur la Russie de Poutine

    « Où va la Russie de Poutine ? » L’universitaire Cécile Vaissié répondra à la question demain, dans le cadre de la Liberté de l’esprit. Interview.

    Comment définir la nature du régime de Poutine ?

    Démocratie autoritaire, empire post-soviétique ou bien dictature soft ? Ce n’est pas une démocratie, c’est certain. Ce n’est plus un empire, même si une mentalité impériale et impérialiste demeure chez les dirigeants, voire dans une partie de la population. Je parlerais d’« espace post-soviétique post-moderne » : parce que des pensées, des discours, des symboles, des références logiquement incompatibles sont juxtaposés et que le poids du passé soviétique reste très présent, voire de plus en plus présent.

    Quels sont les espaces occupés par l’opposition russe, aussi bien dans la société civile que dans les médias ?

    L’opposition russe n’a plus accès, et depuis plusieurs années, aux « grands » médias : aux télévisions nationales ou aux journaux largement diffusés. Elle ne peut compter que sur quelques médias à la diffusion limitée - la télévision internet TV.Rain, le journal Novaïa Gazeta, l’hebdomadaire New Times, la radio Ekho Moskvy, et ces médias sont menacés. Elle s’exprime aussi sur internet - qui sont de plus en plus surveillés. En tout cas, l’on a pu parler d’une population coupée en deux : la Russie de la télévision face à la Russie d’internet. Plus inquiétant, l’opposition ne peut pratiquement plus présenter de candidats aux élections, y compris locales, comme l’ont montré les tentatives récentes à Novossibirsk et Kostroma.

    Peut-on raisonnablement estimer le degré d’adhésion des citoyens de la Fédération de Russie à la politique conduite par Poutine ?

    Soyons clairs : je ne crois pas aux 85 % de soutien populaire, même si l’inertie est forte. Ce qui me frappe, et depuis des années, c’est que de nombreux Russes disent approuver Poutine, tout en critiquant vertement ses ministres, la Douma et les représentants locaux du pouvoir. C’est une attitude russe classique : « Le tsar est bon - tant qu’il a le pouvoir - et ses boyards sont mauvais »...

    La richesse de la Russie repose sur ses réserves en hydrocarbures par définition... épuisables !

    La nomenklatura russe n’est-elle pas en train de compromettre l’avenir économique du pays ? Effectivement, 68 % des recettes totales de la Russie à l’export viennent du pétrole et du gaz, alors que moins de 10 % des exportations correspondent à autre chose que des matières premières. Cela veut dire que l’argent qui a coulé à flots sur le pays, grâce aux prix élevés du pétrole depuis 2000, n’a pas été utilisé pour construire une économie diversifiée en Russie. Oleg Bouklemichev, Directeur du centre de recherche de la politique économique à MGU (Université de Moscou), est catégorique : aucune réforme n’a été faite dans l’économie du pays, au cours des dix dernières années. Et le problème majeur est là.

  • Le Télégramme 19 octobre 2015 / Gilles Carrière /

    C. Vaissié. « Poutine se fiche de l’économie »

    La Liberté de l’esprit nous a offerts, vendredi soir, un stupéfiant voyage en « Poutinie », guidé par Cécile Vaissié, professeur en études russes et soviétiques à l’Université Rennes 2. La Russie, Cécile Vaissié la connaît comme sa poche. Car elle y effectue de fréquents allers-retours dans le cadre de ses travaux. D’emblée, la chercheuse martèle que la Russie suscite depuis belle lurette, chez certains, en France « une somme d’illusions et de fantasmes ». Pour reprendre, dit-elle, l’expression de l’historien Alain Besançon, « la France se fait des idées sur la Russie ».

    « La peur est revenue »

    Les villages Potemkine sous Catherine II ou bien des plans quinquennaux bidons de l’ère Brejnev avaient berné plus d’un esprit dans l’Hexagone. Il faut croire que les leçons du passé n’ont pas toutes été retenues. Les thuriféraires du régime de Poutine (Mélenchon, Fillon ou bien Le Pen) sont légion, ici. Certes, « la Russie de Poutine n’est pas celle de Staline », remarque Cécile Vaissié. Finies en effet la terreur de masse et les famines organisées. L’universitaire souligne néanmoins que « dans une partie de la société, la peur est revenue ». Au fil d’un discours synthétique et brillant - ponctué ici et là d’anecdotes pétillantes -, l’universitaire rappelle que la libéralisation des médias de la période Eltsine s’est effacée dès la décennie suivante. Un espace sous la surveillance de Poutine et « semant la haine entre Russes et vis-à-vis des voisins » : voilà à quoi les Russes ont accès sur leur petit écran à l’heure de la soupe. Subsistent ici et là des poches de résistance : une poignée de journaux indépendants, internet, Facebook en particulier, « mais cela ne concerne qu’une minorité de la population informée », affirme Cécile Vaissié. À cette censure d’État, il faut rajouter un paysage économique et social délabré.

    Bien des atouts pourtant

    « Les jeux de Sotchi ont coûté 50 milliards de dollars : la moitié, à peu près a été volée par Poutine et ses affidés ! » Le revenu vital minimum d’un Russe est fixé à 137 €. Quant aux retraites, en moyenne, elles ne dépassent pas les 165 € ! En outre, « les capitaux fuient la Russie », remarque Cécile Vaissié. « Des oligarques font de l’argent dans leur pays puis le place à l’étranger ». La Russie a bien des atouts pourtant : des richesses naturelles considérables, des élites bien formées... Néanmoins, « le pays est dans une impasse noire. Poutine et ses proches se fichent de l’économie, rajoute l’universitaire. Ce qui compte pour eux, c’est la grandeur de la Russie ! En d’autres termes, être craint des voisins, faire peur et éventuellement conquérir des territoires ! » Pour autant, le tsar Poutine n’est pas le reflet de son propre pays. « La société a beau être passive ; il y a un risque réel d’explosion. Le pouvoir la craint, d’ailleurs ! »

    © Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/c-vaissie-poutine-se-fiche-de-l-economie-19-10-2015-10817887.php



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