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Kofi Yamgnane

homme politique franco-togolais

Développement et démocratie en Afrique ?

jeudi 23 janvier 2014 20h00

 

Kofi Yamgnane, homme politique franco-togolais, est né en 1945 à Bassar (Togo) Elu maire de Saint-Coulitz en 1989, il sera par la suite secrétaire d’État, conseiller régional, conseiller général et député socialiste du Finistère.
Après une première tentative en 2005, une seconde en 2010, Kofi Yamgnane a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle du Togo en 2015. Kofi Yamgnane vient de publier « Afrique, introuvable démocratie » aux Editions Dialogues.


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La plupart des pays africains ont gagné leur indépendance il y a cinquante ans. Mais du Biafra dans les années 60 à la République centrafricaine aujourd’hui, l’Afrique ne semble faire l’actualité qu’avec des guerres, des famines, des génocides... La démocratie, à de rares exceptions près, n’a pas réussi à s’installer et de nombreux pays de l’Afrique subsaharienne figurent parmi les pays les plus pauvres du monde.

Démocratie et développement sont-ils réellement introuvables sur ce continent ou existe-t-il un espoir de voir un jour une Afrique sereine qui sache retenir ses habitants et non plus les jeter sur les routes et les bateaux de l’immigration ?

Au cours de cette conférence, nous essayerons de comprendre les raisons pour lesquelles de nombreux pays africains ont du mal à « émerger » comme l’ont fait certains pays d’Asie ou d’Amérique du Sud. Y a-t-il une fatalité de la guerre et de la misère sur le continent africain ? Les peuples peuvent-ils espérer un avenir meilleur ?
Kofi Yamgnane s’attachera à apporter des réponses aux nombreuses questions sur le développement et la démocratie en Afrique :
- Peut-on parler de l’Afrique comme une entité ou les problématiques sont-elles différentes suivant les zones, l’histoire, les ressources ?
- Quelles sont les ressources de l’Afrique ? Dans quelle mesure profitent-elles aux Africains ? Ne sont-elles pas accaparées par les anciens ou les nouveaux colonisateurs ? Ainsi, la Chine investit depuis quelques années, le continent africain. Quels sont les objectifs réels de la deuxième puissance mondiale ?
- La femme et les jeunes sont-ils l’avenir de l’Afrique ?
- L’indépendance n’est-elle pas encore réelle ? La France-Afrique existe-t-elle toujours ? Quel est aujourd’hui le poids de la colonisation ?
- Que cachent les conflits inter-religieux on inter-ethniques ?
- Le 21ème siècle sera-t-il enfin celui de l’Afrique ?


Kofi Yamgnane vient de publier « Afrique, introuvable démocratie ». Cet essai est écrit avec la collaboration d’Hervé Quemener. ancien journaliste au "Télégramme", puis rédacteur en chef de "Bretagne Magazine", Hervé Quemener est notamment l’auteur de "Kofi, histoire d’une intégration" (éd. Payot) et de "Jack Kerouac, Breton d’Amérique" (éd. du Télégramme)

Résumé de "Afrique, introuvable démocratie "
Les indépendances africaines ont 50 ans.
Depuis, coup d’État après coup d’État, la démocratie en Afrique est confisquée par une succession de despotes corrompus, rançonnant leurs peuples aux fins d’enrichissement personnel. Les élections, quand elles ont lieu, sont presque partout de faux-semblants. Les campagnes électorales, des farces ; farces tragiques quand les révoltes des peuples sont noyées dans le sang.
Kofi Yamgnane, ancien secrétaire d’État à l’intégration de François Mitterrand, questionne cette démocratie bafouée. Élu à tous les échelons de la vie politique locale et nationale française entre 1983 et 2008, candidat refoulé aux élections présidentielles togolaises de 2010, il tire de sa connaissance intime de nombre d’États africains et de leurs dirigeants un récit sans complaisance.
Kofi Yamgnane brosse un portrait lucide et mesuré du Togo, son pays de naissance, comme de l’Afrique en général. Une analyse fine et sans concession, qui autorise pourtant l’espoir de voir un jour les peuples africains accéder à une forme de gouvernance non dévoyée.


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24 novembre 2013

Kofi Yamgnane. Objectif : Togo 2015

Le regard tourné vers Le Togo, où il briguera à nouveau la magistrature suprême en 2015, Kofi Yamgnane vient de publier « Afrique, introuvable démocratie ». Un récit sans complaisance où l’ancien secrétaire d’État à l’Intégration de François Mitterrand décrit ce qui mine le continent et son pays natal.

À qui s’adresse ce livre ?
Je veux mobiliser les Africains afin qu’ils comprennent que ce qui se passe chez eux n’est pas normal. Partout, les peuples réfléchissent à la démocratie. Pas les Africains. J’en veux aussi aux intellectuels africains qui, cinquante ans après, sont toujours plus préoccupés à dénoncer le colonialisme qu’à inventer un autre avenir pour le continent. Mais je m’adresse aussi aux pays occidentaux. Pour être corrompu, il faut un corrupteur. Que les gouvernants occidentaux arrêtent de soutenir les dictateurs corrompus !

Justement, sur ce sujet, on vous sent déçu par le président Hollande.
Pas déçu mais je reste en demande. Lors de la campagne 2012, il avait déclaré que c’en était fini de la Françafrique. Si l’intervention au Mali se justifiait, ailleurs sur le continent, la realpolitik nous a rattrapés. Je suis le premier à dire que la démocratisation de l’Afrique est avant tout une question africaine. Mais le président français devrait être plus pugnace avec les gouvernants qui ne respectent pas leur peuple.

Vous dîtes que les Africains doivent prendre leur destin en main mais, en même temps, vous décrivez une société togolaise totalement paralysée par la peur...
C’est fou, tout le monde a peur de tout le monde ! C’est ce qui m’a le plus frappé en débarquant à Lomé pour la campagne précédente. L’espion est partout, en tenue militaire ou en civil. Tous les téléphones sont sur écoute. Les chauffeurs de taxi sont les serviteurs du pouvoir et lui rapportent, le soir venu, les conversations. Le chef traditionnel tremble devant le préfet qui a peur de son ministre. Ce dernier a la trouille du président qui a lui-même peur de ses généraux, lesquels ont peur les uns des autres. Le Togo, c’est, sous les tropiques, le régime soviétique dans ses jours les plus sombres !

Plus surprenant, vous remettez en cause la « sécurité sociale » africaine, ce système d’entraide au sein des clans familiaux, dont vous dîtes qu’il freine le développement.
Oui, j’ai fait ma révolution sur ce sujet. Longtemps, j’ai pensé que cette organisation était l’un des atouts de l’Afrique car elle empêchait des millions de gens de mourir de faim. Cela reste vrai mais aujourd’hui, je constate surtout qu’elle est l’un des principaux freins à la modernisation économique et politique du continent. Ce système bride l’envie d’entreprendre et empêche les individus de prendre en main leur propre destin. Les masses d’argent expédiées par les millions d’Africains de la diaspora n’arrangent rien. Cette culture de l’assistanat tue l’Afrique.

Vous semblez très sceptique sur la possibilité de renverser le gouvernement togolais par la voie des urnes. Pourquoi y retourner alors ?
Il m’arrive de me dire que je suis maso. Il y a un tel système de prébendes que le défi semble, en effet, voué à l’échec. Mais en 2010, on a fait bouger les lignes. Des gens se sont levés, pendant des mois, il y a eu des manifestations à Lomé, malgré la répression. J’ai participé à l’éveil des consciences et aujourd’hui, plus personne ne veut des gens en place. En 2015, il faudra que le président Gnassingbé et ses partisans trouvent une autre excuse que la dernière fois puisque j’ai réglé le problème de ma date de naissance. Si j’arrive à faire que la prochaine élection soit bien contrôlée, ils seront battus !

Vous misez aussi beaucoup sur les femmes.
Quand tu arrives dans un village, tu as une photo instantanée. Il n’y a pas de femmes, elles sont aux champs, elles sèment, elles sarclent, elles récoltent, pour nourrir la famille, pendant que les hommes palabrent à l’ombre des manguiers. L’avenir du Togo et de l’Afrique tout entière passe par les femmes. Quand elles auront compris qu’elles peuvent s’organiser et entraîner les jeunes, l’affaire sera gagnée. Je vais bientôt repartir au Togo et je compte organiser ma campagne autour d’elles.

Comment réagissez-vous aux injures racistes à l’encontre de la ministre Christiane Taubira ?
Ma maison de Saint-Coulitz est remplie de lettres anonymes insultantes à mon égard. Elles viennent toutes de la région Paca ou de Paris. Tout ça pour dire qu’il y a toujours eu des Français racistes mais la différence, c’est qu’ils avançaient masqués. Aujourd’hui, ces gens-là ont pignon sur rue et croient pouvoir banaliser un délit en opinion. On ne peut tolérer ça !

« Afrique, introuvable démocratie », chez Dialogues. 14 €.

Propos recueillis par Jean-Luc Padellec


Voir en ligne : Kofi Yamgnane dans Wikipédia


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