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Danièle HERVIEU-LÉGER

sociologue

Le religieux aujourd’hui

décembre 1992 20h30


" La modernité n'a pas effacé le religieux "

" On a cru pendant longtemps que la modernité impliquait l'effacement du religieux. Mais une étude sociologique sérieuse permet de réfuter ce credo simpliste. Si la sécularisation des sociétés modernes est un phénomène incontestable, on observe aussi l'apparition de nouveaux types de demandes religieuses liées à la nature même de cette modernité. "

Telle est la thèse développée vendredi soir au studio du Chapeau-Rouge devant 350 personnes par Danièle Hervieu-Léger, directuer de recherches au CNRS. Invitée par " La liberté de l'esprit ", la spécialiste en sociologie des religions a séduit son auditoire par la clarté de son explosé et la densité de ses observations.
 

La modernité

Résultat d'une longue trajectoire historique, la sécularisation marque une " nette rupture avec les sociétés religieuses traditionnelles ".

La rationalisation scientifique, " oeuvre d'un sujet autonome et doué de raison " , a progressivement fait reculer les explications de type théologiques des phénomènes naturels.

Par voie de conséquence, l'emprise du religieux sur la société s'est effacée et l'indifférence religieuse a gagné du terrain (en France, 10% de pratiquants réguliers). D'où la conclusion un peu rapide identifiant sécularisation et éviction du religieux.
 

Les mutations

Conclusion erronée, prétend Danièle Hervieu-Léger. " La modernité n'a pas évincé le religieux. Elle l'a transformé. La dynamique du progrès qui caractérise la culture moderne s'accompagne d'incertitude qui génère à nouveau du religieux mais recomposé et disséminé. "

Parmi les changements essentiels apparaît d'abord " La fin de la civilisation paroissiale ". Ce modèle de " quadrillage de l'espace et du temps par les institutions religieuses " a fait son temps. " Le monde de l'observance des rites a disparu. "

Autre aspect du changement : " Le bricolage des croyances ". Conséquence de l'éclatement des institutions. La croyance s'est personnalisée. " Chacun, à sa façon, puise dans le capital culturel religieux ce qui lui convient. Avant, la religion était perçue comme un carcan. Maintenant, elle apparaît comme un lieu de ressourcement selon les besoins et les libres choix de l'individu. "

Si l'univers religieux des sociétés traditionnelles a disparu, la sécularisation issue de la modernité n'a pas supprimé " la recherche du sens ". Et la religion constitue, dans ses formes nouvelles, " l'une des offres possibles. "

Jean-Yves BOUDÉHEN,


Biographie

Danièle Hervieu-Léger, née en 1947, est une sociologue française et Présidente de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Elle est également directrice de publication de la revue Archives de sciences sociales des religions

Elle dirigeait jusqu’à la fin du mois de mars de l’année 2008, en parallèle avec la fonction de Présidente de l’EHESS, un groupe de travail à la Commission du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale.

Fin 2008, Danièle Hervieu-Léger a été nommée par la Ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, Présidente du Comité de pilotage de l’élaboration de la stratégie nationale de recherche et d’innovation.

Le Comité de pilotage identifiera les grands enjeux socio-économiques auxquels la recherche française doit pouvoir répondre. Ils se regroupent autour de quatre grands axes : - les défis sociétaux - les défis de la connaissance - les défis liés à la maîtrise de technologies-clefs - les défis organisationnels




Messages

  • Quelle chance de pouvoir poser ses questions en direct à Madame Hervieu-Leger !
    (Je m’informe grâce à un de vos livres pour mon travail "glorifier Dieu au cours de religion").
    chris

  • Je souhaitais vous approuver pour la valeur de vos pensées. J’ai envie de suivre vos nouveaux messages ! Continuez votre bon travail.

  • Bonjour Madame HERVIEU-LEGER,
    Bonjour Monsieur Jean-Paul WILLAIME,

    Après avoir parcouru la liste de vos ouvrages et articles respectifs, puis-je me permettre de vous poser la même question : pourquoi n’y tenez-vous aucun compte, du moins apparemment, des observations des psychologues, même religieux, et des neurophysiologistes à propos de l’origine de la foi et de sa fréquente persistance dans les neurones du cerveau émotionnel puis rationnel ?

    Si je m’intéresse depuis 56 ans à cette approche inhabituelle, c’est parce que j’ai été croyant protestant (libéral) jusqu’à 21 ans, lorsque j’ai découvert les options non confessionnelles qui m’avaient été occultées, certes « de bonne foi ». Rationnellement, mon apostasie fut immédiate, mais « affectivement », il m’a fallu quand même trois ans pour m’affranchir totalement de la foi qui m’avait été imposée dès ma prime enfance, en l’absence donc de tout esprit critique. D’où mon interrogation ...

    Vos réponses, et surtout vos critiques de mon point de vue d’athée m’intéresserait vivement.
    Je vous en remercie déjà.
    Cordialement,
    Michel THYS, à Ittre, près de Waterloo.
    http://originedelafoi.eklablog.com



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