La Liberté de l'esprit La liberté de l'esprit
Association créée en 1989
Contribuer au débat citoyen sur les questions de société
Conférences et débats en Cornouaille
  Qui sommes-nous ?  |  Prochaines conférences  |  Saisons précédentes  |  Les conférenciers  |  Contact

Accueil > Sciences humaines et sociales > Philosophie > Jean-Michel BESNIER

Jean-Michel BESNIER

philosophe

L’humanisme en crise

octobre 1994 20h30



L’humanisme vu par J.-M. Besnier

Une fois de plus, " La liberté de l’esprit " a fait salle comble en invitant le philosophe Jean-Michel Besnier qui, après avoir fait une critique de l’humanisme au cours des temps, en a donné une nouvelle définition pour le XXIè siècle.

L’humanisme : un courant de pensée né en Europe à l’époque de la Renaissance, un renouveau par rapport à la tradition motivée par le souci de s’expliquer avec le présent. Jean-Michel Besnier, invité mardi soir par " La liberté de l’esprit ", cite Montaigne qui " cherche une sagesse pour son temps " et Machiavel " qui se livre à la lecture des anciens pour éclairer le présent, qui cherche une école de courage ". L’humaniste cherche à prendre en charge un destin. Il a la volonté de construire les conditions de son existence. Il consacre l’homme et ses vertus créatrices. Il est optimiste, volontaire, progressiste. Il va de l’avant en assumant le passé.
 

Critiqué depuis le XIVè siècle

Une définition qui, selon Jean-Michel Besnier, n’a guère de chance de passer auprès des jeunes générations. " Cette définition apparaît archaïque. Elle a d’ailleurs été durement critiquée et cela depuis le XIVè siècle. " Que l’on soit de droite ou de gauche, on refuse " l’hypocrisie de l’humanisme ". Le XXè siècle ne lui fait pas de cadeaux. " L’humanisme : une illusion, une imposture. " On parle alors de l’ère du soupçon (Marx, Nietzsche, Freud). Celle qui trouve son aboutissement dans la constitution des sciences de l’homme. " Nous sommes des phénomènes égaux à d’autres. L’homme est un objet naturel comme n’importe quel objet que l’on peut analyser, voire manipuler. "

Pour Lévi Strauss, c’est " une bête à abattre ". Un humaniste élargi s’impose où " l’homme admettra d’être intégré dans la nature ". Ceci nous rappelle à l’humilité, nous donne " une leçon de pessimisme : l’homme n’est pas un individu autonome. Le salut est dans la solidarité avec la nature. Si vous êtes capable de tracer une frontière entre l’homme et les autres espèces, vous pourrez le faire à l’intérieur même de l’espèce humaine. "
 

Retrouver des pensées fortes

L’histoire du XXè siècle, celle qui a révélé la grande fragilité de notre civilisation, les méfaits du progrès, celle qui a fait ressurgir le fatalisme, l’absurde, l’individualisme, a participé à la renaissance d’un humanisme mais différent. " Nous voulons retrouver des pensées fortes qui ouvrent à un devoir être, les sciences ne parvenant plus à dire ce qui est. L’homme a besoin de repères, de retrouver des sources nouvelles de sens. "

L’humanisme pour le XXIè siècle devra être, Jean-Michel Besnier ose le définir, non dogmatique. " il faut prendre le risque de l’indétermination, de la liberté universelle. L’homme doit s’arracher à toutes déterminations qui l’enferment. Il pourra ainsi communiquer avec tous. "

L’humanisme " n’entretiendra pas la bonne conscience. L’inhumain est partie intégrante de l’humain. On ne peut éliminer cette notion d’égoïsme chez l’homme. " Il ne sera pas triomphaliste, ni opposé au monde la technique et aura à résoudre l’éternelle question du vivre ensemble. Cet humanisme, Jean-Michel Besnier le définit comme " tragique. Mais cela peut être mobilisateur. Nos projets humains sont souvent vains mais il ne faut pas renoncer. " Et surtout " éviter l’esthétisation de l’existence et éviter le recours à des formes transcendantes démobilisantes comme l’intégrisme. "Ouest-France


Biographie

Né en 1950, Jean-Michel Besnier est agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques. Il est professeur de philosophie à l’université de Paris IV – Sorbonne (chaire de Philosophie des technologies d’information et de communication) et dirige le DESS " Conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées " dans cette même université . Depuis 1989, il appartient au Centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA), laboratoire du CNRS et de l’Ecole Polytechnique axé sur les sciences cognitives. Il est actuellement membre du Comité scientifique de la Cité des Sciences et de l’Industrie de La Villette, du Comité d’experts scientifiques de l’ANVIE (Association nationale pour la valorisation interdisciplinaire de la recherche en sciences de l’homme et de la société auprès des entreprises), du COMEPRA (Comité d’éthique et de précaution de l’INRA), et du CSRT (Conseil supérieur de la recherche et de la technologie). Il est par ailleurs rédacteur-en-chef adjoint de la Revue Hermès (dirigée par Dominique Wolton) et chroniqueur au magazine Sciences et Avenir Hors-Série.

Jean-Michel Besnier a été membre de la Commission " Sciences et sociétés " de l’UNESCO, de la commission " Littérature scientifique et technique " du Centre national du livre, membre du Conseil scientifique de la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette (quand ? ), ila, de 1990 à 1997, créé et dirigé un cursus intitulé " Humanisme et Modernité " à l’Ecole Centrale de Paris de 1997 à 2000,dirigé le département de sciences humaines de l’Université de technologie de Compiègne.

Il a créé et dirigé la collection " Sciences Cognitives " aux éditions La Découverte en 1990, puis la collection " Optiques Philosophie " aux éditions Hatier en 1995. Par ailleurs, il a appartenu au comité de rédaction de la revue Esprit de 1989 à 1996 et il a collaboré à L’Express pendant plusieurs années. De 1996 à 2000, il a de manière permanente collaboré aux émissions Le Banquet puis Philambule, diffusées sur France-Culture. Il a publié plus de 130 articles dans diverses revues, ainsi que de nombreux ouvrages.






Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

La liberté de l'esprit, c/o Maison des associations, 53, impasse de l'Odet, 29000 QUIMPER
SPIP | | Suivre la vie du site RSS 2.0