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Jean-Pierre LINTANF

dominicain, prieur du couvent de la Tourette

le New-Age : religion ou secte ?

novembre 1994 20h30



La morale, un outil pour l’Homme

Vendredi dernier, Jean-Pierre Lintanff, provincial des Dominicains a tenu une conférence devant près de 500 élèves de terminale venus du Likès, Saint-Joseph de Concarneau et de Saint-Gabriel - Les Carmes. Une conférence axée sur une question simple : " Faut-il une morale pour vivre ? " mais qui a amené des réponses particulièrement larges et riches.

" Faut-il une morale pour vivre ? " On peut se douter qu’un provincial des Dominicains ne parle pas pour prôner le laisser filer. Mais contrairement à ce que l’on aurait pu penser, Jean-Pierre Lintanff a démystifié la morale. Pas de préceptes divins là dedans, pas de grands principes, pas de tables de la loi mais bien au contraire une démarche très humaine mille fois renouvelée. " Je trouve que l’Église impose de trop, je ne suis pas un marginal mais pas non plus un conservateur à outrance. Ce n’est pas moi qui fait la loi, je la respecte, mais je garde ma liberté de parole. L’Église est une société structurée, il y a danger de sacralisation de sa fonction " expliquait-il encore en répondant aux questions des élèves.

" La morale est l’apprentissage de la liberté, c’est un art de vivre, c’est elle qui donne un visage humain à la liberté " a encore dit Jean-Pierre Lintanff en expliquant qu’il s’agissait là d’une quête perpétuelle : " On peut être en retraite de l’Enseignement ou de la SNCF, on n’est jamais en retraite de la vie " a-t-il encore souligné.
 

Raisons et moyens de vivre

Notre société de consommation " nous propose des divertissements pascaliens en nous faisant croire que l’accès aux richesses matérielles est une réponse à tout. Le consumérisme amène conformisme et moralisme en faisant croire que les moyens de vivre sont aussi les raisons de vivre. Il s’agit là d’une caricature de la morale qui favorise l’idolâtrie. "

Une conférence d’une telle richesse a sans doute beaucoup profité aux élèves présents. Certains auront noté au passage que l’utilisation de la pilule n’est pas condamné par Jean-Pierre Lintanff : " On peut être immoral avec des méthodes naturelles et moral avec des méthodes chimiques, ce qui compte c’est le respect de l’autre. Une des caractéristiques de l’Homme c’est l’artifice, l’outil. "

Et parmi ces outils, la morale permet de régler les rapports des hommes entre eux. Et cette morale s’apprend : " shooter dans un ballon, c’est facile ; bien jouer au foot, c’est plus dur. C’est la différence qu’il y a entre le jaillissement spontanéiste du petit enfant et la conduite morale. "

Ouest-France

Le New Age : supermarché du spirituel

Cinq cents personnes ont assisté jeudi soir, au Chapeau-Rouge, à la conférence de Jean-Pierre Lintanff sur le New Age. Invité par la Liberté de l’esprit, le provincial des dominicains a séduit son auditoire par sa compétence, son brio et surtout sa tolérance.

D’emblée, le père Lintanff a défini le New Age comme une " vaste nébuleuse difficile à cerner. Il n’y a, dans le New Age, ni dogme, ni église, ni morale impérative. Simplement de multiples réseaux très souples, fluides ... ce qui le situe à l’opposé d’une secte ".

Qualifié par certain de " marché aux puces de la religion " ou de " supermarché spirituel ", le New Age trouve des ramifications un peu partout. " L’énumération serait bien longue. De l’astrologie à la bioénergie en passant par la sophrologie et l’analyse transactionnelle. Tout un ensemble de disciplines ou de techniques peuvent s’apparenter au New Age. Même s’il faut éviter les amalgames faciles ".

Le conférencier s’est employé ensuite à définir les lignes de force de ce " nouveau " courant spirituel. Recherche de l’harmonie fusionnelle, centration sur soi, souci d’une médecine nouvelle, appel à l’énergie cosmique et croyance au retour du Christ sous une autre forme.
 

Bricolage

Quant aux raisons de l’émergence de ce phénomène, le père Lintanff en signala trois. D’abord la montée de l’individualisme " dans une société atomisée d’où les repères ont disparu. Ensuite l’échec d’une société fondée sur le modèle technico-scientifique ". Enfin, " le nouveau statut social de la vérité ". Les grandes institutions, " propriétaires de la vérité et du sens, sont en déclin. Désormais, c’est l’individu qui se choisit sa vérité, quitte à pratiquer de véritables bricolages idéologiques, comme en témoigne le New Age ".
 

Ruptures

Dénonçant les attaques en force " diabolisant " le New Age, le père Lintanff a proposé ensuite sa propre évaluation du phénomène. " La primauté accordée au spirituel, l’invitation de l’intériorité, voire à la mystique, et le souci du présent me semblent positifs. Mais il y a aussi le danger du narcissisme, de la confusion entre spirituel et émotionnel et de croyances ou pratiques totalement irrationnelles ".

Pour conclure, le père Lintanff a signalé les " ruptures " fondamentales rendant inconciliables le New Age et le christianisme. " Je ne puis être d’accord avec une vision panthéiste de l’univers. Ni l’image d’un Christ dont on laisse de côté la trajectoire humaine. Je ne peux faire l’économie de la référence au Christ historique. "

Jean-Yves BOUDÉHEN,Ouest-France







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